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Ce Que L’On Ne Sait Pas De La Mort De Dizaines D’Enfants Palestiniens

Publié par G Groupe X Bakchich

 

Depuis que l’armée israélienne a bombardé quatre enfants palestiniens «sous les yeux des journalistes», la presse dominante communie dans une longue affliction, et n’en finit plus de s’interroger sur «ce que l’on sait» de cette tuerie dont les quatre victimes «avaient autour de dix ans»: elle va même jusqu’à se demander – ô hardiesse - s’il ne s’agit pas de «la bavure (1) de trop».

Cet empressement, où le quotidien Le Monde narre par exemple (2) la détresse des Palestinien(ne)s qui se demandent «comment on peut tirer sur des enfants qui courent», témoigne d’une sensibilité tout à fait admirable – en même temps qu’un peu sélective.

Car en effet – et selon l’ONU, qui n’est pas exactement une officine islamo-gauchiste: un quart des victimes civiles du déluge de bombes sous lequel l’armée israélienne ensevelit (encore une fois) Gaza depuis la semaine dernière sont des enfants.

Ce qui signifie, pour le dire autrement, que cette armée a (encore une fois) tué, en l’espace de quelques jours, plusieurs dizaines d’enfants palestiniens.

Mais sur ces morts-là, mentionnées au détour d'articles dédiés, le plus souvent, à l'équilibrage d'une situation déséquilibrée: la presse n’a guère épilogué.

Plus précisément: elle ne s’est guère interrogée sur ce que l’on savait de ce massacre – perpétré, il est vrai, un peu loin des yeux des journalistes –, et de ses victimes (3).

Elle ne s’est guère demandé comment on peut tirer sur des enfants – quand bien même ils ne courraient pas (4).

Et elle n’a, pour autant qu’on le sache, pas spécialement considéré que la mort du premier de ces enfants était (déjà) «de trop»: elle a plutôt continué à publier de grossiers libelles imputant au Hamas la responsabilité de ces tueries, requalifiées au passage en «erreurs» de tir.

On sait donc, désormais, que cette presse peut mettre un peu de temps à se désengourdir l’émotivité – et à considérer que la mort des enfants de Gaza sous les bombes israéliennes mérite plus qu’un entrefilet.

Et c’est, en soi, encourageant - car cela permet d’espérer que d’ici quelques années, elle se résoudra enfin à ne plus regarder ces exactions comme des «bavures».

 

 

 

 (1) Ce mot – «bavure» - n’est bien sûr pas neutre: il suggère, au rebours de la vérité des faits, et par une étroite adhésion à la propagande selon laquelle l’armée israélienne pratique dans ses raids un scrupuleux «évitement des civils», que le bombardement des enfants serait, à Gaza, exceptionnel – quand il est, au contraire, tragiquement banal. 

(2) En même temps qu’il publie dans ses pages dédiées aux «idées» une tribune dont l’auteur, ambassadeur d’Israël en France, déclame très sérieusement qu’«Israël est le seul à se préoccuper du sort des Gazaouis»...

(3) Dont nous ne savons, de fait, rien, ou presque.

(4) Et quant au massacre des adultes palestiniens: il y a bien longtemps qu'il ne fait plus l'objet du moindre apitoiement... (NB: Merci, Mona.)

 

 

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