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Cacophonie bancaire chez les Le Pen

Publié par G Groupe X Bakchich

Le père Jean-Marie, la fille Marine et la mère Pierrette n'ont pas du tout les mêmes souvenirs des aventures familiales en Suisse.

Le vent qui se lève sur le secret bancaire en Suisse, attisé par les médias et le Offshore Leaks, a obligé la famille Le Pen à se plonger dans de douloureux souvenirs de famille et à avoir à répondre d'un vieil ami, Jean-Pierre Mouchard, longtemps trésorier de l'association de financement du Front, la Cotolec, et amateur de montages fiscaux paradisiaque.

Comme l'a rappelé Médiapart, Mouchard ouvre en 1981 un compte à l'Union des banques suisses de Genève (UBS) en agissant au nom de Papa Le Pen selon les documents exhumés par le site; compte approvisionné de deux millions de francs suisses entre 1984 et 1986. Dans un premier temps, Jean-Marie adopte une posture de déni devant les révélations, assurant que le compte a toujours appartenu à Mouchard - avant d'évoquer l'hypothèse d'un prêt à l'une de ses sociétés d'éditions de musique, la Serp, dont il ne se serait pas mêlé. 

Les «petits nègres» de Jean-Marie

Pour défendre le paternel, Marine joue une mélopée un peu dissonnante, affirmant qu'il s'agit d'un emprunt tout à fait légal,argutie à laquelle Jean-Marie se rallie finalement sur RTL…

La succession de fausses notes trouble un brin les symphonies familiales et frontistes, qui, «mains propres et tête haute», dégoisent depuis des décennies sur l'affairisme des hommes politiques qui se succèdent au pouvoir.

Et Le Canard enchaîné (10/04) d'en rajouter une couche en rappelant au bon souvenir du FN les confidences de Maman Pierrette ex-Le Pen, qui a au début des années 90 décrit comment son mari d'alors a dissimulé au fisc une part de son magot… hérité de feu son ami Lambert. De l'argent dans les alpages que le Pen a rapatrié par «petits morceaux en téléphonant depuis une cabine publique» assure le Palmipède. «Il indiquait alors le nombre de ''petits nègres'' qu'il voulait transférer, cette délicaté unité de mesure correspondant à 10.000 francs (1.500 euros)».

La maman de Marine a de la mémoire

Dans son hebdomadaire N°27 du 5 juin 2010, sobrement intitulé Le Pen balancé par son ex, Bakchich a publié quelques extraits de la biographie jamais parue de Pierrette. Dans de ces 259 pages mêlant récit intimes et petites revanches, l'épouse ne cache pas son admiration pour Jean-Marie. 

« Il faut être un rude casse-cou pour narguer le fisc comme le fait Jean-Marie, reprochant à l’administration de l’avoir dépouillé à outrance sur ce fameux héritage Lambert en France, alors que l’essentiel de cet héritage se trouve en Suisse. Il y est pour la bonne raison que les Lambert, eux aussi souhaitaient échapper au fisc (ils ne sont pas les seuls) et éviter ainsi, par le jeu des « Fondations », d’être assujetti à l’impôt. Jean-Marie en bénéficiera totalement, ou presque (…) Habile comme toujours, Jean-Marie fit tant et si bien qu’il ne laissa apparaître, aux yeux des jaloux et du fisc crédule, que la partie immergée de l’iceberg Lambert.»

La belle dame a même beaucoup de mémoire quand il s'agit de retracer le cheminement du magot. 

La liste de Pierrette au supermarché de l'UBS

«Quand nous fûmes “envoyés en possession“ à Saint-Cloud, nous devions découvrir des documents laissant apparaître qu’un trésor gisait en Suisse. Encore fallait-il le récupérer. Depuis une vingtaine d’années, Jean-Marie usait et abusait des services gracieux d’un brillant avocat, Maître André Guibert (…) Maître Guibert l’accompagna, nanti du testament l’instituant légataire universel, pour faire valoir ses droits chez MM. Broccard, père et fils, gestionnaires d’une fiduciaire, Grand-Palace à Fribourg, lesquels leur révélèrent l’existence de la “Fondation Saint-Julien“. Le principe des « fondations » est qu’il libère les héritiers de tous droits successoraux. 

Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir recours à un notaire. Jean-Marie choisit le plus averti, le plus célèbre de Genève : Maître Zyclounov, qui le remit entre les mains de Pierre Jaccoud (…), homme affable et sympathique. De surcroît fort efficace, il sut régler toutes les péripéties sans encombre et à notre avantage. Le capital de la “Fondation Saint-Julien“ était composé de titres et de valeurs, d’actions, qui furent vendues dans d’excellentes conditions par des spécialistes au niveau de quatre milliards de centimes (1977) [environ 20 millions d’euros, ndlr], et le dépôt fut effectué à l’Union des Banques Suisses.» Le «supermarché» préféré des évadés fiscaux , comme l'a décrit à Bakchich un banquier suisse.

Et l'ex-Mme Le Pen a semble-t-il la mémoire de sa liste de course...

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