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Le mauvais tour de Maggi à Hollande

Publié par G Groupe X Bakchich

Le député de Velaux souhaite quitter le groupe socialiste de l’Assemblée nationale. Résumé de CV.

C’est un député par accident qui menace de défection le groupe du Parti socialiste à l’Assemblée nationale, et par là même la majorité absolue de la rose sur l’Hémicycle. Ou plutôt un parlementaire par drame. En 2012, Jean-Pierre Maggi, conseiller général et maire de Velaux, petite bourgade de l’arrière-pays marseillais n’est que suppléant lors des législatives. Devant lui, s’affiche Olivier Ferrand, le fondateur du think tank Terra Nova. Un enfant du cru longtemps éloigné à Paris à qui d’aucuns prédisent un parcours en Provence. D’abord une implantation locale aux législatives de 2012, puis un lent cheminement vers Marseille et pourquoi pas sa mairie en 2020. Sa victoire lors du scrutin de juin va jusqu’à ravir les ténors de la droite marseillaise. «C’est un jeune, intelligent et avec des idées, glissait alors à Bakchich un parlementaire de droite. S’il peut aider à casser le système clientèliste qui enserre la ville toutes les aides sont bonnes à prendre». La voie tracée s’achève dans un précipice. Le 30 juin, Ferrand décède subitement d’une crise cardiaque, de retour d’un jogging. Il n’aura jamais siégé. Maggi, lui, entre à 68 ans à l’Assemblée nationale, lesté d’un beau CV…guériniste.

Velaux, ville bénie du Conseil Général

L’homme a gentiment accompagné Jean-Noël dans toutes les étapes de son ascension politique, ainsi que le résume son site internet personnel. Conseiller général dès 1992, Maggi seconde Nono à l’OPAC, l’office des HLM du département. A sa réélection en 1998, il abandonne cette vice présidence pour celle du conseil général lui-même, tombé dans l’escarcelle de Guérini. Un poste qu’il n’abandonnera que fin 2012, cumul des mandats oblige, non sans avoir laissé une profonde empreinte au sein du bateau bleu, le surnom du siège du département.

 

14 années durant, Maggi a en effet eu en charge la gestion de l’aide aux communes: des subventions accordées aux municipalité du département sans critérisation… En fait le bras financier et politique du département pour récompenser les maires fidèles et tancer les autres. L’enveloppe, qui a oscillé entre 100 et 150 millions d’euros annuels depuis 1998, a explosé ces derniers temps, passant avant les sénatoriales de 2014, à près de 300 millions d’euros. La pierre philosophale du clientélisme pour ses détracteurs, un outil politique commun pour ses gestionnaires.

La petite commune de Velaux, 8 000 habitants, en a largement bénéficié. Rond-point, salles de spectacle, rocade, installation … Maggi n’a pas été ingrat avec la bourgade qui le désigne maire depuis 1977. En 2010 par exemple, la municipalité avait reçu 4 millions d’euros d’aide aux communes. Soit près de 500 euros par habitant. Une belle enveloppe qui n’a pas été le seul bienfait apporté par le bon maire à sa commune.

Pompier pyromane

Président du Service département incendie sécurité (SDIS 13), Maggi n’a pu que constater que les vocations de pompier parmi les jeunes de Velaux se sont multipliés. «Vous naissez à Velaux vous avez une chance sur deux de devenir pompier», rigolaient leurs camarades des marins-pompiers de Marseille. Cette particularité locale a un peu moins fait sourire la chambre régionale des comptes. Dans son dernier rapport de 2013, les magistrat financiers ont fait le pointage. «En 2009, sur les soixante-douze agents administratifs saisonniers recrutés par le SDIS, quarante-quatre, soit plus de 61 %, l’ont été sur recommandation du président du conseil d’administration du SDIS, dont quarante résidaient dans la commune de Velaux dont il est le maire et un dans la commune de Coudoux relevant du canton de Pelissanne dont il est conseiller général. En juillet 2012, alors que cette situation avait déjà été évoquée en cours de contrôle, 20 saisonniers administratifs sur 34 ont encore été recrutés pour la période du 1er au 31 juillet sur recommandation du président du SDIS, dont 16 originaires de Velaux.» Commentaire pudique de la chambre. «Le président a donc tiré parti de sa qualité pour favoriser auprès du SDIS le recrutement de ses administrés.» Une remarque parmi d’autres sur les étrangetés constatés au sein de l’entité. Soucis sur la passation marchés publics, gestion hasardeuse du personnel, législation fiscale peu respectée etc…

Si depuis 2012 Jean-Pierre Maggi ne peut plus, cumul des mandats oblige, jouer aux pompiers, 2015 laisse entrevoir qu’il s’essaie au rôle de pyromane.

Jamais en manque de soutien de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône pour se maintenir à la tête du Parti socialiste de 1997 à 2007, François Hollande pourrait voir sa majorité absolue perdue par la faute de ce sud-est devenu infidèle.

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Publié dans la catégorie France
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