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Zone Euro : le début de la fin ?

Publié par G Groupe X Bakchich

C’est cette date –peut être maudite – qu’a choisi l’Allemagne de Frau Merkel pour tenter de placer 6 milliards d’Euros d’obligations d’état. L’affaire, qui ne devait être qu’une formalité, s’avère désastreuse à plus d’un titre.

Pour l’Allemagne d’abord qui n’est parvenue à placer que 3,644 milliards d’euros au taux de 1,98%, le solde ayant sans doute été acheté discrètement par la Bundesbank pour éviter que l’opération ne tourne à la déroute. Bref, sans doute la pire opération de placement allemande depuis la création de l’Euro…

Amarres larguées

Pour l’Europe surtout, dont le dernier point d’ancrage marque des signes d’inquiétantes faiblesses structurelles.

L’accident car s’en est un, inciterait presque les spécialistes autoproclamées à s’en réjouir : avec un tel bide au compteur, Madame Merkel va être contrainte, pensent-ils, à lever enfin son veto à l’impression massive de fausse monnaie par la Banque Centrale Européenne pour racheter toutes les obligations souveraines pourries qui se présenteront sur le marché. Le tout, afin d’éviter que les taux d’intérêt offerts par les emprunteurs les plus mal en point n’explosent en plein vol. Rien n’est moins sûr.

Depuis le 12 août, la BCE a en effet dépensé – pendant que Madame Merkel, subjuguée par le charme de son partenaire à talonnette, se lançait avec elle dans un Sirtaki frénétique – 255 milliards d’euros, dont 7,99 milliards du 14 au 18 novembre, pour acheter de ci de là, beaucoup de dette italienne et espagnole et, pour ne pas susciter trop de jalousie, un peu de dette portugaise, française, belge et autrichienne.

Rachats furtifs

Or, ces rachats furtifs («  à des fins de politique monétaire » bien entendu) n’ont eu qu’un résultat symbolique : tous les Etats ayant bénéficié de ces achats discrets doivent aujourd’hui proposer des taux d’intérêt supérieurs pour trouver preneurs de leurs obligations à 10 ans. De plus, et malgré l’accroc d’aujourd’hui, l’écart entre le taux allemand et ceux de l’Italie et de l’Espagne continue à s’accroître. Sans une montée en puissance rapide du Fonds Européen de Stabilité Financière pour prendre le relai, l’augmentation démente de la taille du bilan de la BCE mène tout droit à la catastrophe.

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Au bout de la dette ? La dette

D’autant que le problème de la liquidité, voire de la solvabilité des banques européennes qu’on avait un peu oublié ces derniers jours, va se reposer sans délai avec des perspectives effrayantes : globalement, le secteur bancaire européen affiche 1 euro de fonds propres pour 25 ou 26 euros de dettes (Lehman était à « 30 contre 1 » lorsqu’ elle a fondu les plombs) ; en d’autres termes, une dépréciation de 4% de la valeur de ses actifs et c’est le bain de sang garanti. Qui a dit que sa recapitalisation n’était pas impérieuse ?

De plus, on oublie un peu vite que les dettes du secteur bancaire européen sont supérieures au PIB européen (148% !), avec des variantes assez déroutantes lorsque l’on compare les dettes bancaires nationales aux PIB des états correspondants : 65% au Portugal, 99% en Italie, 664% en Irlande, 21% en Grèce ( !) 113% en Espagne, 735% au Royaume Unis, 148% en France et 95% en Allemagne.

Or, une part importante de ces dettes bancaires monstrueuses vient à échéance en 2012 et ne pourra être remboursée qu’au moyen de …nouvelles dettes souscrites à des taux mécaniquement supérieurs : une casse-tête qui porte sur 30% des dettes bancaires françaises, 33% des dettes espagnoles et italiennes, 40% des dettes bancaires allemandes et près de 50% des irlandaises !

Ligne en deçà du triple A

Pour ce qui nous concerne plus directement, la mystification mise en œuvre à la hâte pour masquer la faillite de Dexia, risque de s’avérer moins astucieuse que prévue  : le plan de sauvetage (60,5% à la charge de la Belgique, 36,5% pour notre pomme et 3% à la charge de nos amis luxembourgeois) passe mal du côté des flamands. Lesquels exigent une renégociation du deal et l’ont fait savoir à très haute voix (De Standaard) du côté de la Commission de Bruxelles un peu gênée aux entournures.

Sodome et Gomorrhe bancaires

Inutile de dire que toute charge additionnelle pour Paris crisperait un peu plus les agences de notation qui ne se demandent plus si elles vont nous rétrograder, mais seulement s’il serait convenable ou opportun de le faire pendant la trêve des confiseurs.

Par leur laxisme ou leur incompétence avérée, notamment à réguler le secteur bancaire pris de folie prédatrice, les « dirigeants » européens – et le mot est faible - ont précipité la zone euro dans ce qui ressemble de plus en plus à l’apocalypse annoncée. Avec un cynisme inouï, ils justifient aujourd’hui l’échec de leur politique et des promesses électorales passées, par « la crise » qui a contrarié leurs desseins, alors même qu’ils en sont directement responsables.

Les peuples désespérés et résignés à l’austérité et à la rigueur budgétaire, s’apprêtent à faire bêtement leur devoir : quelle superbe invention que le libéralisme et sa dette perpétuelle, où toutes affaires cessantes, la priorité absolue consiste à mettre hors d’état de nuire, quelques dizaines de mineurs coupables de crimes sexuels…

A lire ou relire sur Bakchich.info

Qui va gagner la crise ? Même l’espoir d’une aide chinoise pour aider l’Europe à sortir de la crise s’amenuise ? A se demander qui va rafler la mise de la crise et si quiconque veut sauver l’Europe. L’Allemagne veut sauver sa saucisse économique Et si les voisins d’outre Rhin en avaient soupé de renflouer l’Europe ? Les signes avant coureurs d’une exaspération germanique affleurent, en même temps que la rumeur du retour au Mark. Acht (…) L’Euro apprend le Sirtaki Si la dette grecque auprès des banques a été (un peu) rabotée, les assurés de la dette eux, se font tondre. Ce qui laisse présager d’une bonne gueule de bois pour les Etats. Explications.

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