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Les 28 pages mystères du 11 septembre

Publié par G Groupe X Bakchich

13 ans après, un rapport officiel américain sur les attentats du 11 septembre attise encore les fantasmes.

Comme l'évoquait Paris Match le 5 janvier citant Reuters, la pression parlementaire US se fait chaque jour plus pressante sur les épaules d'Obama pour qu'il lève enfin la censure sur les 28 pages du rapport officiel publié en décembre 2002 sur les attentats du 11 septembre. 

Cette fois ce sont les 3 Représentants Walter Jones, Thomas Massie et Stephen Lynch qui tentent de mobiliser leurs pairs afin qu'ils soutiennent une (nouvelle) résolution demandant la déclassification des pages en question, qu'une rumeur de près de 15 ans décrit comme les preuves des relations coupables entre l'Arabie Saoudite et Al-Qaida.

Comme le martèle Walter Jones depuis des mois, « vous ne pouvez faire confiance à votre gouvernement lorsque vous savez qu'il vous cache des informations, notamment sur quelque chose d'aussi horrible que le 11 septembre... Si j'avais l'impression que cela pourrait mettre en danger la sécurité nationale de ce pays, il va de soi que je ne soutiendrais pas une telle mesure ».

A ce jour, 11 membres de la Chambre des Représentants – dont 8 Démocrates – soutiennent le projet de résolution de Jones qui s'attaque maintenant aux Sénateurs, à commencer par l'influent Républicain Rand Paul, pour qu'ils engagent la même démarche de leur côté. L'initiative de Jones a connu un écho inattendu avec le ralliement à sa cause de l'ancien Sénateur Bob Graham qui, dans le cadre de ses fonctions de président de la Commission du  Renseignement, avait supervisé une enquête parallèle à celle de la Commission du 11 septembre. 

Feuillets brûlants

Les parlementaires US ont en réalité la possibilité de lire les 28 pages incriminées en empruntant un circuit administratif complexe qui débute par une requête de leur part auprès de la Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants. 

A ce jour, une cinquantaine d'élus du peuple se seraient rincé l’œil. En dépit de leur engagement formel de ne rien divulguer au terme de leur pieuse lecture, ce sont les bribes de leurs indiscrétions qui alimentent la rumeur selon laquelle le passage censuré du rapport de près de 600 pages apporterait la preuve de la complicité de personnalités éminentes du Royaume d'Arabie Saoudite avec les commanditaires des attentats ayant coûté la vie à des milliers d'américains. Une rumeur qui s'est enflée au fil du temps lorsqu'on a découvert que Richard Clarke, patron de l'anti-terrorisme à la sauce Bush, avait autorisé un avion transportant plusieurs membres de la famille de Ben Laden, a quitté les USA dès le 20 septembre 2001 et qu'un total de 6 vols charters avec près de 140 saoudiens à bord, ont été autorisés à quitter le pays dans les jours qui ont suivi les attentats..

Un porte-parole du Représentant Républicain Devin Nunes qui préside le panel qui délivre les autorisations, vient d'indiquer que le Congrès nouvellement élu (le 113ème) a déjà délivré plus de 30 autorisations de lecture.  Dans la seule journée du 12 février, ce sont 8 demandes supplémentaires qui ont été satisfaites.

Bref, ça se presse pour savoir. 

Comme on pouvait s'y attendre, ceux qui ont pu parcourir les 28 pages critiques jouent les blasés. C'est le cas du Représentant de Californie Adam Schiff, le Démocrate de rang le plus élevé au sein de la Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants qui vient d'affirmer il y a quelques jours : « J'ai lu les 28 pages et les questions qu'elles soulèvent ont fait l'objet de vérifications de la part de la Commission d'Enquête du 11 septembre qui n'en a pas trouvé de preuves. Je pense néanmoins qu'au moment approprié et dans un proche avenir, elles devraient être déclassifiées – en conservant le secret des sources et des méthodes employées – afin de démythifier l'affaire ». Le Sénateur Démocrate Martin Heinrich, membre de la Commission   Sénatoriale du Renseignement qui soutient la fin de la censure, lui a emboîté le pas mardi dernier : «Je ne crois pas qu'on puisse considérer leur contenu comme une preuve indiscutable comme le suggèrent certains ».

Les Saoudiens un peu las

Depuis peu, la pression domestique en faveur d'une levée de la censure sur les 28 pages « touchy » du rapport du 11 septembre  a trouvé un relais inattendu de la part du gouvernement saoudien lui-même qui affirme que le secret qui les entoure rend les choses pires que la réalité. 

Dès 2003 il est vrai, le prince Bandar bin Sultan qui était alors, ambassadeur de son pays aux USA déclarait déjà que « ...les 28 pages sont exploitées par certains pour salir notre pays et notre peuple ». A l'époque, à la question de savoir la raison pour laquelle elles avaient été censurées, il s'était contenté de répondre que les faits qu'on y évoquait n'avaient pu être prouvé et que « l'Arabie Saoudite n'avait rien à cacher ». Si tel était réellement le cas et connaissant l'influence du Royaume Saoudien sur Bush le va-t-en-guerre, on a peine à croire qu'il ne soit pas parvenu à le convaincre de lever la censure sur les 28 pages de la discorde...

Jones, à l'origine de la nouvelle campagne en faveur de la déclassification, se défend de vouloir embarrasser Riyadh, rappelant assez fermement qu'Obama a déjà tenu deux réunions avec les familles des victimes du 11 septembre auxquelles il avait déclaré ne pas avoir d'objection à rendre publiques les 28 pages. 

Sauf qu'on sait aujourd'hui que la parole d'Obama, quels que soient les sujets et les auditoires, ne vaut pas grand-chose...Raison pour laquelle Jones enfonce le clou un peu fort : « Je ne suis pas terriblement optimiste mais qui sait, à un moment il peut considérer la place qu'il va laisser dans l'histoire. Et les gens n'ont rien oublié de ce drame. Ce n'est pas comme si il fallait se replonger dans 10 000 pages des archives de la CIA des années 50 pour les éplucher avant de les rendre publiques. Ce sont 28 pages. Rien du tout ».

IL affirme à qui veut bien l'entendre qu'il va maintenir la pression quelles que puissent être les hésitations de la communauté du Renseignement et qu'il n'aimerait pas être à la place d'Obama en cas de refus, après s'être engagé auprès des familles des victimes : « Franchement j'aimerais pas me retrouver avec ça sur la conscience. Si vous tournez le dos à la vérité et à la lumière, autant tourner le dos à la démocratie »

Il n'est jamais trop tard pour s'en rendre compte et pour cesser de pourrir la vie des lanceurs d'alerte qui s'épuisent à affirmer la même chose ...

  

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