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Une appli « anti-séisme » présentée au Népal

Publié par G Groupe X Bakchich

En mars dernier, lors de la Conférence mondiale des Nations-Unies sur la réduction des risques liés aux catastrophes, la société française CynSis présentait son système « Quake share », une alerte pour smartphone en cas de séisme. Le Népal s’était montré intéressé. Retour sur les discussions.

Plus de 4 000 morts et plus de 7 500 blessés. Tel est le bilan, à l’heure où nous publions ces lignes, du séisme qui a frappé le Népal, samedi 25 avril, le plus fort tremblement de terre subi par le pays depuis près d’un siècle. D’une magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter, suivie d’une cinquantaine de secousses, la catastrophe a détruit nombre d’habitations et de bâtiments, rendant extrêmement difficile le travail des secours. « On s’intéresse à la catastrophe une fois qu’elle s’est produite », constate Pierre-Marie Sarant, président fondateur de la société CynSis. Et en catastrophes, l’homme s’y connaît. Expert international en gestion de crise, ancien logisticien pour Médecins sans frontières, il a passé 30 ans de sa vie immergé dans les catastrophes naturelles, dont pas moins de 14 séismes et notamment celui de L’Aquila en Italie où l’idée de créer cette alerte « anti-séisme » lui est venue, c’était en 2009. Le temps de monter une équipe de spécialistes et la société était créée en 2011 avec en starring, le dispositif « Quake Share ». L’innovation est distinguée par la région PACA en 2011 puis par le Mondial de l’Innovation cette année (1). L'application " Quake Share " s’adresse d’abord aux professionnels (le développement grand public se fera dans un second temps). Techniquement, elle fonctionne grâce aux données disponibles en France et dans le monde sur les mouvements de plaques, des données analysées et qualifiées. L’objectif est de recevoir une alerte sur son téléphone « dès les premières gammes d’ondes, avant que le séisme ne soit ressenti ». Ensuite en fonction de l’histoire sismique de la zone, l’appli propose différents « scénarios » de réaction. Dans le cadre d’un développement professionnel, ces alertes sont envoyées sur tous les smartphones connectés d’une liste préétablie par le client (on parle d’un réseau fermé, de confiance, d’une liste de personnes rattachées à l’entreprise susceptibles de gérer la crise dans quelque endroit qu’elles se trouvent). Niveau de l’alerte, cartographie des zones impactées, consignes à observer, etc, et, chaque smartphone étant géo localisé, les utilisateurs reçoivent en temps réel les informations concernant leur position et peuvent également communiquer avec la plateforme pour envoyer de précieuses informations. « L’application est précise et facile à utiliser. De plus, elle fonctionne même si les réseaux de communication sont dégradés ou si la zone n’est plus couverte », assure le fondateur.

Le Japon s’est positionné

Et donc, lors de cette Conférence mondiale des Nations-Unies sur la réduction des risques liés aux catastrophes (une Conférence qui n’a lieu que tous les 15 ans) qui se déroulait le mois dernier au Japon, l’innovation de Pierre-Marie Sarant a rencontré un franc succès. Indonésie, Japon, Philippines, Amérique centrale et le Népal (pays situé dans l’une des régions les plus concernées par le risque sismique), ont paru intéressés par ce que proposait la société française. Le fondateur de CynSis assure que son application pourrait parfaitement être mise en place au Népal car « plus de 60% de la population est équipée d’un smartphone » et surtout parce que « Quake share utilise Internet alors qu’actuellement le pays bénéficie d’un système d’alerte avec envoi de SMS, ce qui est beaucoup plus lent et en ces circonstances, chaque seconde compte ». Sans savoir dans quelles mesures son « alerte » aurait pu prévenir la catastrophe, le fondateur annonce qu'au terme de cette Conférence, deux grands groupes japonais ont convenu que cette application « apporterait de nouvelles choses par rapport à ce dont ils usent aujourd’hui » et seraient en train de finaliser les discussions.

Si tous les grands sismologues s’attachent à dire « On ne peut pas prévoir un séisme », l’application que propose CynSis permettrait peut-être de « limiter la casse », dirons-nous, ce qui est traduit sur son site par « réduire l'impact économique et humain liés aux catastrophes environnementales ».

Le bâtiment en cause

Rappelons que plus de 530 millions de personnes dans le monde vivent dans une zone sismique, des zones aussi diverses que la Côte d’Azur, la Californie, les Carpates, la Guadeloupe, l’Everest…

Rémy Bossu, responsable du Centre Sismologique EuroMéditerranéen, interrogé par nos confrères de l’Express, affirme, très pragmatiquement: « On ne meurt pas d’un séisme, on meurt écrasés par les immeubles que le séisme fait s'effondrer ». Il conviendrait alors, avant toute chose, de construire des immeubles plus solides, respectant « la réglementation parasismique en vigueur ». Sauf que le Népal, l’un des pays les plus pauvres d’Asie, classé au 18è rang des pays ayant généré le moins de richesses dans le monde en 2014 (entre le Malawi (1er) et les Comores (25è)), n’a peut-être pas les moyens (ou bien a-t-il d’autres priorités...) de financer de telles constructions. Pourtant, un bâtiment parasismique ne s'effondre très généralement pas au passage d'un tremblement de terre...

(1) CynSis a été finaliste d’IDO M2M Mondial de l’innovation 2015, la Rolls Royce de la distinction en matière d’innovation et d’objet connecté.

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