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Cannes et la « Fuck you atitude »

Publié par G Groupe X Bakchich

Foire aux bestiaux pour acteurs richissimes venus faire leur promo, Cannes est le paradis du consensus mou, du tiède, du marketing ultra-brite. Heureusement, il y a encore des têtes brûlées et des grandes gueules qui crachent dans la soupe et qui portent haut la « Fuck you atitude ».

Ambassadeurs du Groland, Benoît Delépine et Gustave Kervern sont sur la Croisette pour présenter leur très réussi Grand soir. Une belle revanche pour ceux que la critique ciné (remember Libé et ses articles dégueulasses) a passablement dézingué. Malpolis, punks, ils font les cons dans leurs beaux smokings. Ainsi, on a vu Gustave foutre le souk au photocall de Killing them softly, essayer de serrer la main à Brad Pitt, puis se lancer dans un concours de doigts d’honneur. Sur le tapis rouge, Gus, décidément très en forme, a continué à faire son malin derrière Alec Baldwin qui n’en revenait pas. Gus et Benoît ont également explosé le matos lors de leur photocall et lors de leur venue sur scène présenter leur film, Gus a chauffé la salle avec un striptease et ils ont lancé à Tim Roth, président du jury de la Caméra d’or : « On t’admire, mec, mais attention, on sait où tu habites à Los Angeles, on sait où tes enfants vont à l’école… Si tu nous donnes pas le prix, ça va mal se passer pour toi… »

C’est drôle, comme des ados qui ont été récupérés par le système et qui veulent s’offrir un dernier baroud, un ultime crachat dans la soupe.

Palmarès : un doigt d’honneur

Léos Carax est un sacré mec. Il a débuté au début des années 80, devait sauver le cinéma français et peut-être l’univers. De plantades en disparitions, il est devenu… une légende, Léos Carax ! Il revient avec son cinquième long-métrage en 30 ans, Holy Motors, une vraie proposition de cinéma. Il est sur la Croisette avec sa belle gueule burinée et ses lunettes noires, parlant le moins possible aux médias. « S’il y a juste un spectateur qui aime mon film, ça me suffit. » 

Pas d’explication, pas d’excuse, Léo is back.

Palmarès : deux doigts d’honneur

Brad Pitt : « Je me contrefous de ce qu’Hollywood pense de moi ! » C’est la plus grande star hollywoodienne et ce mec fait ce qu’il veut. Et si un studio ne veut pas produire un de ses films, il le finance lui-même avec sa boîte de production. Alors qu’il pourrait toucher des cachets faramineux avec Pirates des Caraïbes 23 ou Transformers 58, il tourne avec des pointures comme Terrence Malick, Andrew Dominik (L’Assassinat de Jesse James et le formidable Killing them softly, présenté à Cannes), Quentin Tarantino, Alejandro Gonzalez Iñarritu, David Fincher…

Dans une très bonne interview donnée au Nouvel obs , il déclare : « Martin Scorsese a dit, pour parler de l’alternance entre films de studios et projets plus personnels, ‘‘un pour eux ; un pour moi ’’. Pour ma part, j’essaie de ne faire que des films pour moi. C’est trop dur, sans ça. Si le cœur n’y est pas, le film ne marchera pas. C’est comme en amour. Je pars du principe que si j’aime quelque chose, il y aura bien quelqu’un d’autre pour aimer ça aussi. Combien ? Ca, je ne peux pas vous le dire. » Rien que pour cette déclaration…

Palmarès : trois doigts d’honneur

J’adore Bruce Willis. Le comédien et le bonhomme. Le comédien d’une centaine de films dont la série des Die hard, Pulp Fiction, Incassable, Sixième sens, Sin City… Et le bonhomme qui fait ce qu’il veut, se fout ouvertement du protocole, ne cache même pas son ennui intense sur les Marches de Cannes. Bruce, qui est devenu une star à 20 millions de dollars en lançant « Yippee-ki-yay, motherfucker », tourne maintenant tout et n’importe quoi (7 films en 2012). Des trucs improbables comme G.I. Joe 2, Sans issue, Expendables 2 avec Stallone et Schwarzy, Top Cops… Au milieu de cet filmo improbable, Moonrise Kingdom, un film d’auteur mineur où il incarne un flic « nigaud et triste », une performance exceptionnelle quiconfirme qu’il est un immense acteur. Mais Bruce s’en fout, il n’a rien à prouver à personne, encore moins aux journalistes qu’il méprise. Il a déjà la Palme d’or, un beau matelas de dollars, du talent, alors ce que l’on pense de lui…

Palmarès : la Palme de la « Fuck you attitude »

Hors concours :

Dans le dernier Télérama, Aurélien Ferenczi interviewe des réalisateurs de comédie jamais sélectionnés à Cannes. Parmi eux, Eric Lavaine, immortel auteur de Poltergay, Bienvenue à bord et du très sympa Incognito, qui se lamente de sa réputation de tâcheron. Néanmoins, le bonhomme a de l’humour et déclare : « J’ai pris une mauvaise habitude lors des tournées promo en province : dans les restaurants, on nous tend régulièrement le livre d’or ; je sais qu’on ne me demande de signer que parce je suis avec Franck Dubosc ou Kad Merad – franchement Eric Lavaine, ça ne dit rien à personne, alors j’écris « J’ai très bien manger », avec toujours la même faute d’orthographe, et je signe Jacques Audiard… »

Eric, je ne te connais pas, mais rien que pour cette blague, tu es dans mon palmarès. 

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