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Cannes morose

Publié par G Groupe X Bakchich

Il a plu, on a bu, on n’a rien vu. Bon, j’exagère, néanmoins la quinzaine était placée sous le signe de la pluie et de la déprime avec des films pas toujours à la hauteur. 

Ça sent le sapin. Et la déception. S’il n’y a eu personne pour voler la vedette au festival (remember DSK l’année dernière), tout le monde semble néanmoins déçu. La faute à la pluie qui a gâché la fête, l’absence de stars (Brad, sans Angelina, Nicole Kidman, Robert Pattinson, et puis c’est tout) et les films. Des films mineurs, des œuvres oubliables de la part de grands maîtres, des trucs prétentieux, de gros prouts arty. La critique a la gueule de bois et fait sa mauvaise tête. Morceaux choisis :

Killing them softly d’Andrew Dominik : « Un film raté qui se prend pour un grand film, prétention inouïe qu’une sélection cannoise par nature, gonfle encore davantage. »

Dracula 3D de Dario Argento : « Jadis maître de l'horreur stylisée, aujourd'hui roi de l'autoparodie ridicule. Beurk ! »

Like someone in Love d’Abbas Kiarostami : « Le problème c'est que Kiarostami s'enferme dans son système conceptuel de conversations qui n'en finissent pas, jusqu'à un final complètement aberrant qui a fait rire tout le Festival. »

Sur la route de Walter Salles : « Sur la route est un non-film. Il ne dit rien sur le voyage, rien sur l’Amérique, rien sur l’époque où il est censé se dérouler et pas davantage sur la nôtre. Pis, il n’essaie même pas. »

Paradise :  Love d’Ulrich Seidl : « Ce ne sont pas seulement les personnages que Seidl exécute, mais aussi ceux qui les interprète : acteurs africains et autrichiens confondus, filmés sous toutes les coutures avec la plus grande malveillance. L’épreuve la plus pénible de ce début de festival. »

Paperboy de Lee Daniels : « Réalisé à la truelle. » 

Holy Motors de Leos Carax : « Les amants du poncif… Plus original, il n’y a pas, sauf peut-être les publicités pour la Matmut. » 

Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas. Là, c’est vraiment un festival : 

« Le film ne va pas améliorer les relations entre la France et le Mexique. »

« La prétention creuse par excellence. »

« Pensum obscur, confus et soporifique. Mais que la montagne est belle ! »

« Expérimental et sans grâce. »

« On baille au délire mystico-rustique de Reygadas. »

« Filmé, la plupart du temps avec, ce qui ressemble à ces caméras embarquées utilisées pour filmer les sports mécaniques, l’image a la particularité de présenter un cadre flou, voire un dédoublement des personnages, une sorte d’ébriété visuelle. Un peu comme si l’objectif était vitreux. Pourquoi pas, ce peut être conceptuel, mais à condition que ça ne s’éternise pas et que ça veuille dire quelque chose. Là, le propos est incompréhensible. Quant au rythme, il est d’une lenteur quasi végétale. Carlos Reygadas sait très bien filmer les enfants, les vaches, les chiens et les flaques d’eau, pour le reste mon tonton Albert fait mieux que lui lorsqu’il camescope ses vacances à Quiberon ! »

Papy fait du cinématographe

Cette morosité, c’est tout d’abord faute à une sélection prévisible et flemmarde, phagocytée par de vieux barbons du 7e art (Jacques Audiard, jeunot de 60 ans, David Cronenberg, 69 ans, Michael Haneke, 70 ans, Abbas Kiarostami, 71 ans, DarioArgento 72 ans, Ken Loach, 76 ans, et la palme à Alain Resnais… 90 ans aux fraises !). La prise de risque est minimum, les autres prétendants à la Palme étant des bêtes de concours. Néanmoins, j’étais heureux de voir en compét’ la relève avec des cinéastes comme Andrew Dominik (Killing them softly) ou Jeff Nichols (Mud). C’est déjà ça… J’ai l’impression que Cannes est un gros barnum où le cinéma est secondaire. Le public a envie de belles robes, des stars sur les Marches, de bling bling… Il se contrefout de Cristian Mungu  ou d’Abbas Kiarostami. Quant aux films, qui se souvient de la Palme d’or le lendemain de la remise des prix ? 

En parlant de Palme, Cannes bruisse de rumeurs sur cinq films : De rouille et d’os de Jacques Audiard, Holy Motors de Leos Carax, Amour de Michael Haneke, Cosmopolis de David Cronenberg, Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais et Au-delà des collines de Cristian Mungu. On en reparle lundi. 

 

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