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Quand Google se venge de la CNIL

Publié par G Groupe X Bakchich

En forçant Google à poster un lien vers son site, la CNIL a découvert qu’elle ne boxait pas dans la même catégorie…

Vu l'impuissance de l'Etat Francais face à la NSA, il se venge sur les «  satellites  » et autres alliés présumés de l’agence de renseignement américaine, à en croire les documents “empruntés” par Edward Snowden. 

Lire:Hollande aux States, c'est plus grave que prévu

En l'occurence c’est Google qui en prend pour son grade. L’annonce par la presse hexagonale le 4 février d’un redressement fiscal d’un milliards d’Euros pour Google France dont le chiffre d’affaire déclaré n’atteint même pas le 1/5 de cette somme a sonné comme une déclaration de guerre.

Pas en reste, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a , comme l’on sait, condamné le géant de l’Internet à une amende de 150  000€, la plus élevée dont elle dispose à son barème pour une première infraction, pour manquement à la loi «  Informatique et Liberté  » après lui avoir donné - sans résultat - 3 mois pour se mettre en conformité avec les textes.

Google condamné….

La CNIL reprochait en effet à la maison Google qui truste environ 92% du marché français des recherches en ligne, de ne pas correctement informer ses utilisateurs sur la collecte de leurs données personnelles ni de l’usage réel qu’elle en fait, de ne pas obtenir le consentement préalable des utilisateurs avant d’installer des cookies sur leurs bécanes, de ne pas leur indiquer la durée pendant laquelle leurs données personnelles sont conservées, et finalement d’en faire à peu près ce qu’elle veut sans aucune base légale sérieuse.

Lire: Google, la curiosité est un vilain défaut

Afin que les petits malins de Google France ne fassent pas semblant d’être surpris, la CNIL a indiqué que la sanction qui leur était infligée résultait de conclusions identiques à celles auxquelles étaient parvenues les autorités néerlandaises et espagnoles en novembre et décembre 2013 sur la base de leur législation respective. Elle leur a même rappelé l’amende de 900  000€ que l’agence espagnole leur a infligé et dont Google fait aussi appel.

Même si le montant de l'amende les a fait sourire, les Google-men ont fait semblant d’être horrifiés de devoir en plus, afficher sur la page d’accueil de google.fr pendant 48 heures, en caractères Arial de taille pas inférieure à 13, juste sous le bouton de recherche, un message très déplaisant à leur goût et qui disait en substance  :

La formation restreinte de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés a condamné la société Google à 150  000€ d’amende pour manquement à la loi «  informatique et liberté  », décision accessible à l’adresse suivante  : 

http://www.cnil.fr/institution/missions/sanctionner/Google

Ayant informé la CNIL qu’elle avait l’intention de faire appel de la sanction, Google lui a demandé de ne faire paraître ses compliments d’usage qu’une fois l’appel jugé. Intraitables, les représentants de la CNIL ont répondu que puisque Google utilisait sa page d’accueil pour faire sa publicité, il n’y avait pas de raison que ses utilisateurs ne soient pas informés immédiatement que sa manière de procéder avait été sanctionnée.

...CNIL saturée

Faute d’accord, tout le monde s’est retrouvé en référé devant le Conseil d’Etat jeudi 6 février pour plaider sa cause. Le moteur de recherche, représenté par Maître Spinosi, un habitué des lieux, s’est plaint de n’avoir encore jamais vu un tel évènement, et que le message risquait de causer des dommages irréparables à la réputation de Google qui par ailleurs allait faire appel de la sanction.

Mais le tribunal s’est montré inflexible et a maintenu l’obligation d’afficher le message de la CNIL.

Et ce qui devait arriver arriva. Le lien affiché sur la page d’accueil de Google vers le site de la CNIL s’est, comme d’habitude, révélé très efficace et a partiellement voire totalement saturé le site cnil.fr pendant plusieurs heures.

 Les vainqueurs de l’opération ont finalement été les services de vérification du statut des sites genre DownForEveryoneOrJustMe, avertisseurs de saturation de ssites trop fréquentés, qui n’a pas cessé d’afficher pendant toute la campagne, son fameux message  :

It’s not just you  ! http://www.cnil.fr looks down from here.

Depuis leur succès d’estime aux dépends de Google, les membres de la CNIL ont appris des techniciens du moteur de recherche la signification de l’expression «  un mega slashdot effect  ». En remarquant que de mémoire d’homme, c’était bien la première fois que le site de la CNIL était saturé. Même si c’était pour la bonne cause.

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