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L’été des blockbusters : quand Hollywood débarque

Publié par G Groupe X Bakchich

Les grosses machines hollywoodiennes prennent d’assaut les écrans français. Revue de détail avec Godzilla, X-Men, Maléfique et Edge of Tomorrow.

- Ca y est, la saison des blockbusters redémarre.

- Les Américains ont débarqué…

- La plupart du temps, c’est du ciné pour ados en vacances, du cinéma de divertissement pour se goinfrer de pop corn et se rouler des pelles. 

- Les studios jouent gros, sortent leurs machines à 200 boules et parient sur des trucs consensuels et bourrins, des machins marketés à coups de millions de dollars avec une grosse star en tête d’affiche, des effets spéciaux en images de synthèse mais pas de scénario. Des produits usinés pour les mômes, la plupart du temps des films de super-héros en collants, des suites, des remakes, des suites de remakes, des remakes de suites,  des spin-off, des sequels, prequels ou paraquels (oui, oui, ça existe)… Donc des films avec une prise de risque minimum pour essayer de rafler un maximum de dollars en quelques jours, parfois le temps d’un week-end. En septembre, il y aura une nouvelle fois beaucoup de morts et pas mal d’executives virés de leurs beaux bureaux hollywoodiens.

- Tu te souviens des blockbusters de l’été dernier ?

- L’été de la loose : Fast and Furious 6, Very Bad Trip 3, Star Trek Into Darkness, un nouveau Superman, un Wolverine, la suite de Monstres & Cie, Pacific Rim, Elyseum, White House down, une suite de Percy Jackson… Un été catastrophique d’où ne surnageaient que deux grosses machines, le très costaud World War Z et le surprenant Lone Ranger, même s’il ne tenait pas toutes ses promesses. 

- Et 2014 ?

- Le mastodonte de la saison est Transformers 453, du roi du badaboom himself, Michael Bay. Tu vois le genre…

- Un peu trop.

- Néanmoins, quelques grosses machines ont déjà pulvérisé les écrans du monde entier et pour l’instant, le résultat n’est pas déshonorant.

- Explique-moi ça ?

- La preuve avec Godzilla, X-Men, Maléfique et Edge of Tomorrow. Un remake de remakes, une suite de suites de films de mutants, un reboot de conte de fées et un film de SF « original ».

60 ans et toutes ses dents

- Dis comme ça, ça ne donne pas vraiment envie… On commence par Godzilla ?

Godzilla a 60 ans et le classique d’Inoshiro Honda a engendré une soixantaine de suites et remakes, donc le nanar US de Roland « J’vais tout péter » Emmerich. Bien sûr, ce nouveau scénario est convenu, la psychologie des personnages tient sur le string de Miley Cyrus et le film accumule bien sûr les obligatoires scènes de destruction. Néanmoins ce Godzilla 2014 réserve son lot de belles surprises : un cast réjouissant avec Bryan Cranston, Aaron Taylor Johnson (Kick Ass) ou Juliette Binoche, une mise en scène très élégante signée Gareth Edwards, ponctuée d’images chocs, et un message bienvenu sur le nucléaire et les forces de la nature.

Godzilla de Gareth Edwards

En salles depuis le 14mai

 

Mutants en collants

- Tu n’aimes pas beaucoup les films de super-héros. Tu as dû détester X-Men Days of the Future Past ?

- Je trouve que les super-héros, avec leurs combinaisons flashy et leurs problèmes existentiels, passent mal la barre du grand écran. Il manque toujours la folie, le premier degré et la brutalité pop des comics. Quant à Bryan Singer, c’est un réalisateur pour le moins surestimé, incapable, comme Christopher Nolan, de filmer correctement une scène de baston. D’ailleurs, ses deux épisodes d’X-Men et son Superman étaient ringards et plats comme l’électro-encéphalogramme d’un bulot. Néanmoins, ce Days of the Future Past est une belle surprise, notamment à cause d’un scénario bourré de rebondissements et les excellents acteurs de X-Men Le Commencement, j’ai nommé Michael Fassbender et James McAvoy. 

-Tu me donnes presque envie.

-Tout est dans le presque…

 

X-Men Days of the Future Past de Bryan Singer 

En salles depuis le 21 mai

Vraiment très Jolie

- On passe à Maléfique ?

- Tu as remarqué que les héros de deux blockbusters de cet été sont des méchants parmi les plus célèbres de l’histoire du 7e art, Godzilla et la sorcière Maléfique ? Mais dans leur version 2014 et en 3D, ils se révèlent être de vrais gentils, qui vont tout faire pour sauver le monde et leur prochain.

- Hollywood lave plus blanc ?

- Peut-être que les players sont conscients qu’il faut injecter un peu d’ambiguïté à leurs produits calibrés.  

- En tout cas, c’est la mode de refaire en live des contes de fées comme Blanche-Neige, Hansel & Gretel ou La Belle et la bête.

- Avec le numérique, les producteurs pensent que tout est possible, même de se passer d’un metteur en scène. Maléfique est réalisé par un chef décorateur qui a bossé sur Alice au pays des merveilles de Tim Burton et Avatar. Donner 200 millions à un mec qui n’a jamais réalisé un seul long-métrage, cela laisse songeur… Le film a néanmoins un concept et les scénaristes imaginent une enfance dorée à Maléfique, un trauma. Puis Angelina Jolie entre en scène et vampirise le film. Peu importe la mise en scène pépère, les trois répliques d’Elle Fanning, Angelina, avec sa tête de mutante et ses pommettes qui pourraient rayer le béton, emporte tout sur son passage. Il faut la voir balancer son « Beastie » (traduit par « Mocheté ») à la douce Aurore. Elle est impériale, über sexy, géniale ! 

 

Maléfique de Robert Stromberg

En salles depuis le 28 mai 2014

Un jour, cent fins

- Et Edge of Tomorrow ?

- C’est le seul film qui ne soit pas une suite. Néanmoins, il est conçu comme un compil, un mix ou remix entre Starship Troopers, La Guerre des mondes, Matrix, Aliens, Il faut sauver le soldat Ryan et la géniale comédie Un jour sans fin

- Le film culte de feu Harold Ramis ?

- Exact. Dans Un jour sans fin, Bill Murray incarnait un connard de journaliste condamné à revivre encore et toujours la même journée, et qui finissait par en profiter pour devenir un homme un peu meilleur. Ici, même arc narratif. Troufion du futur, Tom Cruise - ses pectoraux, ses gros muscles, ses 58 dents - est piégé dans une boucle temporelle et revit la même journée où il se fait tuer par des aliens nerveux de la tentacule. Le jour vraiment le plus long, donc… Il progresse chaque jour, devenant un meilleur soldat, un apprentissage qui ressemble fortement au reset du jeu vidéo : tu meurs, tu recommences la partie encore et encore pour essayer d’arriver jusqu’au boss. Derrière la caméra, Doug Liman (La Mémoire dans la peau) joue au chef artificier et ajoute à ce divertissement calibré quelques belles séquences sous influence de Call of Duty, plusieurs rebondissements bienvenus et dirige une Emily Blunt sacrément burnée.

- Résultat des courses ?

- Quatre blockbusters honnêtes, sans génie, mais que tu peux regarder sans te sentir avili par la bêtise abyssale et le mercantilisme forcené des décideurs hollywoodiens.

 

Edge of Tomorrow de Doug Liman

En salles depuis le  4 juin 2014

 

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