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Expendables 3 : retraite obligatoire pour Sly

Publié par G Groupe X Bakchich

Avant l’hospice, Sylvester Stallone et ses potes musclors reviennent pour un dernier petit tour de zumba. Mal écrit, filmé avec un déambulateur : un truc de vieux pour les vieux.

- C’est la fin de l’été cinématographique et les Expendables viennent nous refaire un petit coucou.

- Ce lamentable été 2014 a été ponctué de nanars, de trucs affligeants à 200 millions, et se termine avec le pire épisode des Expendables, une série qui ne volait déjà pas très haut.

- Je te trouve dur, c’est sympa ces retrouvailles entre vieilles gloires du film d’action.

- Ca ressemble aux ultimes tournées des rock stars cacochymes, des musiciens qui se détestent mais qui reviennent une dernière fois pour faire le plein de pognon avant la maison de retraite. Le problème, c’est qu’Expendables, c’est un concept : entasser le plus de musclors possible sur une même affiche. Point final ! Pour le reste, il n’y a même pas le minimum syndical, à savoir un scénario qui se tient, de bonnes bastons, des SFX convenablement torchés, un metteur en scène qui dirige ses acteurs ou qui filme correctement une scène. 

- Le premier se tenait à peu près.

- Les trois volets sont construits sur le même schéma narratif : un méchant très méchant, un gang de mercenaires trop sympas chargés de le liquider, des combats à l’arme lourde, le méchant très méchant finalement éparpillé façon puzzle. Produit par les radins de Nu Images (John Rambo), rois du nanar cheap, Expendables tente de masquer le vide avec des bastons mal chorégraphiées, des vannes à deux balles, des explosions réalisées sur une palette graphique des années 80 et des éjaculations démentes de sang numérique. 

Deux heures de vide et d’ennui

- Tu n’aimes pas Sly, toi.

- Au contraire, c’est mon idole. Un très bon acteur quand il se laisse diriger comme dans Copland, et un excellent réalisateur (le dernier Rocky était une merveille). Avec Expendables, tu sens clairement que Sly n’est pas vraiment concerné, qu’il est là pour le pognon : le film est tourné à l’économie, dans les pays de l’Est, selon les disponibilités des « stars » invitées (Jet Li, 45 secondes de présence à l’écran dans le 3) et Sly doit avoir passé plus de temps à négocier son contrat qu’à écrire le pitch. Pourquoi ne pas travailler avec de scénaristes compétents, de vrais cinéastes, pour un spectacle un peu burné mais pas complètement nullos ? Ici, le scénario est écrit par Sly lui-même et Creighton Rothernber, un nullard, immortel auteur de La Chute de la Maison-Blanche, version Gerard Butler.

- Pas vraiment un cador. Et ce numéro 3 ?

- En gros, comme tu l’as compris, c’est la même histoire. Après Jean-Claude Van Damme, le nouveau bad guy est Mel Gibson.

- Très bonne idée.

- La meilleure du film. D’ailleurs, Mad Mel devait réaliser le film. T’imagines, Expendables par le réalisateur d’Apocalypto, ça aurait eu une autre gueule… Mel Gibson incarne un ancien Expendable, un renégat devenu un méchant vendeur d’armes qui cherche à fourguer une bombe nucléaire. Pour le neutraliser, Sly recrute des petits nouveaux, et avec les vieux, il va zigouiller Gibson au terme d’un combat anthologique de… 15 secondes.

- Les papys sont essoufflés, ça ne peut pas durer 15 rounds non plus.

- Comme dans le 2, le combat final est pathétique, digne d’un téléfilm W9. Mais il n’y aurait que ça… Cette fois, le film dure plus de deux heures et Sly passe au moins 45 minutes à chercher des petits jeunes qui vont prendre la relève. 45 minutes d’un ennui infini, sans intérêt narratif car ces Expendables en culottes courtes se contenteront de faire de la figuration à côtés des musclés qui se réservent les meilleures vannes 80’s et les plans les plus fun. 

- Et la mise en scène ?

- Derrière la caméra, Patrick Hughes, un illustre inconnu dont ce n’est que le second long-métrage (après l’inédit Red Hit). Sly a offert cette production de 80 millions de dollars à un débutant qui a dû se contenter d’acquiescer à ses desiderata débiles, car Sly semble obsédé par une seule et unique chose : monter ses avant-bras hypertrophiés et ses biceps, avec des veines sur le point d’éclater. J’imagine Sly avant chaque prise, faisant 50 pompes pour que ses bras ressemblent à des bites turgescentes…

Gros engins et piratage

- Euh, on parlait de réalisation, là, tu t’égares, non ?

- Pas tant que ça, car Expendables est vraiment très gay. Le réalisateur filme les biscotos huileux de ses vedettes, des guns phalliques, immenses, que l’on se colle sous le nez, que l’on astique, que l’on compare (c’est moi qui ai le plus gros), des coutelas de 70 centimètres, mais bien sûr, il foire tout le reste. Tu compares une scène d’action d’Expendables 3 à The Raid 2 et tu pleures. Il n’y a rien à sauver, c’est bourré de faux raccords, de répliques pas drôles, et les séquences d’action sont aussi excitantes qu’un après-midi musical avec Copé derrière son synthé Bontempi à la mairie de Meaux.

- Et la violence ? C’est toujours aussi sanglant ? Je me rappelle de scènes démentes où un Expendable décapitait un adversaire avec un simple couteau, dans un geyser de sang.

- Oublie. Pour essayer de toucher le public le plus large, Sly a laissé tomber le gore et il n’y a plus une goutte de sang.

- Pourtant le film s’est ramassé en salles.

- C’est un bide terrible aux USA, on risque de ne pas avoir de numéro 4… Youpi ! 

- A cause du piratage ? Le film s’est retrouvé sur le net, dans une copie sublime, trois semaines avant sa sortie US.

- Tu as raison. Mais je crois avant tout que la médiocrité absolue de ce produit mal pensé, mal manufacturé, mal joué, a scellé le sort de Sly. Pour vendre sa came, l’acteur est venu faire le guignol sur un char lors du festival de Cannes, a saturé l’espace médiatique, mais le spectateur peut maintenant juger le film sur pièce. En nous proposant des navets à la chaîne, des trucs qui ressemblent à des direct to video pourris, Sly s’est planté et a perdu toute crédibilité. Il aura du mal à remonter la pente, même s’il claironne partout qu’il va tourner maintenant le 253e épisode de Rambo

- J’évite ?

- Même en streaming, tu ne pourras pas t’empêcher de faire « Avance rapide »… Mais tu sais, je crois savoir pourquoi Expendables est aussi médiocre.

- Le suspense est à son comble…

- La mère de Stallone, Jackie, 92 ans aux fraises, a révélé le secret de son fiston : Sly écrirait ses histoires et scénarios aux… toilettes. Quand tu visionnes Expendables 3, tu comprends pourquoi le film sent aussi mauvais ! 

Expendables 3 de Patrick Hughes avec Sylvester Stallone, Antonio Banderas, Arnold Schwarzenegger.

Sortie en salles depuis le 20 août 2014.

 

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