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Eden : Une certaine tendance du cinéma français (de merde)

Publié par G Groupe X Bakchich

L’ascension et la chute d’un DJ de la French Touch. Signé Mia Hansen-Løve, un monument de bêtise, véritable coloscopie nombriliste, symptomatique de la médiocrité du cinéma français.

- J’ai envie de voir Eden, de Mia Hansen- Løve.

- Condoléances ! 

- Qu’est-ce que tu racontes, encore ?

- En 2014, j’aurais vu pas mal de nanars et de films ratés, mais là, c’est un des pires films de l’année, l’Everest de la médiocrité et de la bêtise.

- OK, tu veux faire ton malin. C’est parce que c’est un film français ?

- La médiocrité n’a pas de nationalité. Mais c’est vrai que le cinéma français est dans son ensemble assez affligeant.

- Arrête…

- Ecoute, sur 200 films par an, combien de bons ?

- J’en sais rien !

- Si tu en vois 10, c’est le maximum. Sinon, c’est quoi le cinéma français ?

- En 2014, tu veux dire ?

- Par exemple. 

- OK, faisons un petit bilan. 

- Les comédies gros sabots avec Dany Boon, Jamel Debouzze ou Kad Merad ; les beauferies d’action, largement misogynes, réacs, nauséabondes de Luc Besson comme cette année Lucy ; de grosses machines à l’américaine comme le nullissime The Search, du réalisateur de The Artist ; des trucs qui traitent vaguement de problèmes sociaux comme le très médiocre Samba ; sans oublier des films d’auteur avec des bobos qui connaissent des crises existentielles dans leurs lofts parisiens ou ces films avec des messages essentiels comme le racisme, c’est mal, ou le chômage, c’est pas bien.

- Nous avons quand même des bons cinéastes comme Jacques Audiard, Gaspar Noé, Bertrand Bonello, Pierre Schoeller, Mathieu Kassovitz, Abdellatif Kechiche, Cédric Kahn ou Cédric Anger, Katell Quillévéré, Xavier Giannoli…

- Bien sûr. Mais si ces réalisateurs font un film tous les trois ans, mon pourcentage de 10 bons films par an tient toujours ! 

Aussi passionnant qu’une flaque d’huile

- Tu me déprimes !

- Tu sais, Eden est symptomatique de la médiocrité du cinéma hexagonal.

- En quoi ?

- Un scénario indigent, pathétique. Et une absence probable de producteur.

- Tu m’expliques ?

- On commence par le scénario. Nous sommes au début des années 90. La musique électro secoue les nuits parisiennes, la French Touch débute et Paul créé avec son meilleur pote un duo de DJ, « Cheers ». Ils vont connaître une ascension vertigineuse et une chute tout aussi rapide. Obnubilé par la musique, la gloire, miné par la drogue, Paul va en oublier de construire sa vie.

- C’est pas pire qu’autre chose.

- Tu viens voir un film sur la French Touch, tu te retrouves avec un loser qui a des problèmes avec ses meufs.

- Et alors, ça peut-être très bien.

- Tu as raison. Sauf que la bande-annonce centrée sur les Daft Punk t’a vendu la French Touch et que les tourments romantiques du héros sont aussi passionnants qu’une flaque d’huile.

- Développe ! 

- Comme dans Inside Llewyn Davis ou 24 Hour Party People, Eden cherche à raconter l’histoire d’un courant musical à travers l’itinéraire d’un personnage secondaire. Mais ici, tu te retrouves 2H 10 durant avec une endive qui débite des choses aussi passionnantes que « Quand t’es pas là, j’suis triste ». Et notre DJ d’accumuler les scènes de ménage avec des jeunes filles plus moins hystériques. La palme à l’engueulade avec sa petite copine qui a ses règles. Paul décide de dormir gentiment de son côté, mais la jeune fille pique sa crise car elle veut absolument faire l’amour… 

33 ans et rien à dire 

- OK.

- Ce scénario, inspiré de la vie du frère de la jeune réalisatrice Mia Hansen-Løve, est une catastrophe. Tu as l’impression qu’il a été écrit par un ado dépressif de 14 ans. Les personnages sont tous des caricatures : le dessinateur taciturne, l’agent flambeur, la moman au compréhensive, tu as même une vieille dame qui beugle « C’est beau la jeunesse ! » En fait, Mia Hansen-Løve a 33 ans et rien à dire ! Pas de propos, pas de point de vue : le grand vide. Elle enfile les clichés comme des perles sur la musique, la drogue ou le couple. 

- Et la musique ?

- Tu es déjà allé à une rave ou un concert ?

- Quand même !

- Eh bien Mia Hansen-Løve est incapable de filmer la trance qui te saisit quand tu écoutes de la techno ou quand tu vibres lors d’un concert. On assiste - mortifié - à d’innombrables séquences où des jeunes gens proprets écoutent de l’électro sur le dancefloor en balançant les bras en l’air et la réalisatrice n’a pas une seule idée pour rendre ça un peu bandant… On se retrouve à écouter du « Garage », déclinaison de la House qui a vraiment mal vieilli… Seuls les morceaux de Daft Punk te réveillent un peu de ce cauchemar sonique.

- Et on les voit dans le film ?

- C’est la seule bonne idée du film. On les aperçoit – brièvement – à trois reprises, de 1994 à 2014, et à chaque fois, ils ne peuvent jamais rentrer en boîte, même quand ils sont devenus les maîtres du monde. 

La fin des producteurs

- Tu mentionnais tout à l’heure que le film n’avait pas de producteur. Pourquoi ?

- Tout d’abord, donne-moi le nom d’un grand producteur français ?

- Euh, Thomas Langmann ?

- J’ai dit grand ! 

- Je sèche…

- C’est normal, j’ai l’impression qu’il n’y a plus de producteurs au sein du cinéma français. Chez nous, depuis l’avènement de la Nouvelle vague, le réalisateur-auteur est tout puissant. Un vrai producteur aurait fait réécrire – ou écrire, en fait - ce scénario, demandé des coupes, exigé des dialogues plus justes, des personnages moins stéréotypés… En l’état, malgré la promo et les millions de marketing, le film va se bananer en salle, en DVD, à la télé, et je ne pense pas que l’on produira un autre film sur un courant musical avant longtemps…

- Il n’y a rien à sauver ?

- Il n’y a pas une idée de mise en scène, pas une émotion, le truc s’apparente à un lavement de 130 minutes. 

- Et les acteurs ?

- Difficile de s’en sortir quand tu joues un cliché sur pattes et que tu débites des fadaises dignes d’une émission de télé-réalité. Même Vincent Macaigne, le chouchou des branchouilles des Inrocks, est insignifiant. De plus, le rôle principal du gentil DJ qui aimerait bien passer des disques jusqu’au bout de la nuit revient à Félix De Givry, un inconnu qui a autant de charisme qu’une table basse. Le regarder plus de 15 secondes avec son air de poisson mort est une véritable souffrance. 

- Tu exagères…

- Ecoute, j’ai rarement vu un comédien dénué à ce point de talent. Plus terne, je ne vois que le papier peint de l’ANPE…

- Bon, j’évite ?

- La vie est courte et tu as 800 000 choses à faire avant de te farcir cette purge. Ne me remercie pas. 

Eden de Mia Hansen-Løve avec Félix De Givry, Hugo Consellmann, Pauline Etienne, Vincent Macaigne, Vincent Lacoste..

En salles depuis le 29 novembre 2014

 

 

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