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Taken 3 : Besson touche le fond

Publié par G Groupe X Bakchich

Liam Neeson a le sum. Des nuisibles mal rasés et des Russkoffs en slip ont buté son ex et menacent sa fifille en cloque. Petites culottes, poursuites asthmatiques et bastons très cons : Luc Besson se souille avec un des pires films de sa carrière. Interview BIDON.

Bakchich : C’est encore l’instant Besson. Vous venez de gagner la médaille d’or des César pour votre « contribution artistique et entrepreneuriale au cinéma français ». Véridique ! Un prix exceptionnel qui « symbolise l’excellence française. »

Luc Besson : Ouaip, t’imagines ma poule ! Comme je dis tout le temps, I am ze king of ze world ! Je suis très heureux et ému. Merci monsieur César ! J’étais un peu fâché avec eux, mais là, en février, j’me déplace. 

C’est une belle année pour vous, entre l’énorme succès mondial de Lucy, des productions comme Brick Mansions, 3 Days to Kill, avec Kevin Costner, le western The Homesman ou même le film d’animation Jack et la mécanique du cœur.

L. B. : Un seul mot : diversification. Ma grosse machine action-SF avec Scarlett, mes prods vavavoooom pour niquer des spectateurs au gros Vin Diesel. Puis de l’image : le Tommy Lee Jones en compet’ à Cannes et ce petit film d’animation différent et pas pareil, avec le chanteur de Dionysos. 

Ca se tient…

L. B. : Merci le scribouillard. Mais bon, la stratégie, le marketing, je maîtrise…

Suite à l’assassinat de l’équipe de Charlie Hebdo, vous avez publié une tribune dans Le Monde le 10 janvier.

L. B. : C’était beau, non ? Entre Léon et Angel A

Magnifique !

L. B. : On est d’accord ! P’tain, keski t’arrive Bakchich, tu mollis ?

Sauf que j’ai une ou deux réserves.

L. B. : Quand même…

Tout ce que vous dîtes est très juste. Vous parlez d’une société française « basée sur l’argent, le profit, la ségrégation, le racisme. Dans certaines banlieues, le chômage des moins de 25 ans atteint 50 %. On t’écarte pour ta couleur ou ton prénom. On te contrôle dix fois par jour, on t’entasse dans des barres d’immeubles et personne ne te représente. Qui peut vivre et s’épanouir dans de telles conditions ? » Très fort.

L. B. : Et ?

C’est démago, surtout de votre part. Dans toute votre filmo, vous nous avez servi copieusement vos clichés réacs, dans des productions bas de plafond comme Yamakazi, Banlieue 13 ou Taken. A chaque fois, le méchant, c’est le basané moustachu, le cheikh pédophile, l’Asiatique, l’Autre. C’est assez dégueulasse après coup de se la jouer homme de gauche tolérant, à la pointe du combat antiraciste.

L. B. : Je crois quand même être un des premiers réals français à avoir pris des mecs d’origine reubeu et leur avoir donné un premier rôle dans des films populaires. Vérifie, scribouillard ! 

Dans votre papier, vous fustigez également « les grands patrons, les dirigeants » qui ne pensent qu’au profit. Mais vous êtes le parrain du cinéma français et je vous rappelle que depuis novembre, vous êtes visé par deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris, la police enquêtant sur des soupçons d’abus de biens sociaux en lien avec votre société EuropaCorp.

L. B. : Pépère, je vois que t’as bossé tes dossiers. Tu me dis que j’aurais mieux fait de fermer ma gueule, c’est ça ? 

Huuum. 

L. B. :…

Bon, on passe à Taken 3 ?

L. B. : Bonne idée !

Cette fois, il n’y a pas de kidnapping de fifille ?

L. B. : Un petit quand même, à la fin.

Famke Jenssen botoxée, Liam Nesson ankylosé

Léger. Non, le point de départ, c’est la mort de l’ex de Liam Neeson. 

L. B. : On frappe fort avec mon coscénariste Mark Kamen. Au bout de 10 minutes, on sacrifie Famke Jenssen. Bon, faut dire qu’elle elle est plus botoxée que Nicole Kidman, qu’elle ne peut plus bouger un sourcil et qu’elle exigeait un cachet dément. Résultat : une journée de tournage et exit ! 

C’est la seule surprise du film. Le reste est pour le moins téléphoné : Liam Neeson est accusé du meurtre de son ex, et va remonter jusqu’à l’assassin, que l’on connaît depuis le début.

L. B. : T’avais deviné ? Y a quand même un petit twist russkoff ! 

Le scénario est incohérent, mal usiné, pire qu’un nanar de Steven Seagal. Et ces dialogues insipides, comme cet échange entre un flic de base et Liam Neeson :

- Ca va mal se finir pour vous !

- Faut pas être pessimiste comme ça…

L. B. : C’est de Mark Kamen, cette réplique là, l’auteur immortel de Karate Kid et de L’Arme fatale 3.

Le script est également bourré de stéréotypes et de clichés.

L. B. : Attention, justifie, arrête de balancer comme ça !

Le flic super Columbo, incarné par Forest Whitaker, joue tout le temps avec une pièce de jeu d’échec. C’est donc un intello ! D’ailleurs, Liam Neeson le dit au moins à trois reprises. Il est tellement intelligent qu’il résume tout le film à la fin, dès fois qu’un Bac moins 7 n’aurait pas compris toutes les subtilités de l’histoire. Sinon, toujours la même histoire, les mêmes stéréotypes : les Russes sont des mafieux-psycho-tatoués en slip qui se tapent des putes blondasses, les filles sont des excitées de la jupette et le flic de base est un gros blaireau… Le monde selon Besson ! 

L. B. : Mec, c’est un film d’action. Pas un Godard, ni un Bergman. Et donc, je joue avec les clichés. Il faut que ça speed, que ça saigne. 

Pourtant, la mise en scène est super plan-plan, le film fait vraiment fauché ?

L. B. : De quoi tu parles, guignol. Vraiment t’y connais rien ! J’ai embauché exprès Olivier Mégacon. Et tu sais quoi ? Il est épileptique. Epileptique, putain ! Il est incapable de faire un plan de plus d’un ¼ de seconde. Même moi, je l’implorais parfois de me faire un plan de 5 secondes. Impossible ! 

C’est pour cela que les poursuites sont archi-découpées et pas du tout spectaculaires ?

L. B. : C’est l’épileptique ! Tu lui demandes de filmer une belle Audi rutilante, ce malade te filme un pneu, le volant, un phare… J’ai quand même demandé des plans de transition à l’hélico, t’as vu ? J’avais même parfois le mal de mer en regardant le bouzin… Mais bon, je peux pas tout faire tout seul,je bossais sur Lucy…

Et c’est également pour cela que les scènes d’action sont illisibles ?

L. B. : Mec, un peu d’indulgence. Tu connais l’âge de Liam.

62 ans ?

L. B. : J’adore, ce mec. Même quand il me demande non pas 10 millions pour Taken 3, ni même 15 millions, mais pas moins de 20 putain de millions de dollars ! Mais Liam fatigue. C’était déjà le cas dans Taken 2. Ici, il ne pouvait plus arquer. Incapable de courir, de se battre… Il donne quand même deux claquounettes, ramasse un truc tombé par terre, tente une clé d’aïkido et serre à fond les maxillaires. J’ai cru qu’il allait se les faire exploser à la fin du tournage. C’est le De Niro du serrage de mâchoire, le Pacino de l’air constipé. Quel acteur, quel génie ! Il a bien mérité ses 20 patates…

Et Forest Whitaker ? Comment l’avez-vous convaincu de vous rejoindre dans cette galère.

L. B. : Je lui ai dit qu’il pourrait se goinfrer de bagels pendant tout le tournage. Il sortait de Zoulou et il était tout maigue. Là, il a pris 30 kilos. Il était super content, il bouffait tout le temps. T’ain, ça m’a quand même coûté un bras…

La Besson touch, pêche et petite culotte

Un truc qui est bel et bien présent, c’est votre idéologie, le fond de votre pensée. 

L. B. : Shoot !

Comme dans le premier Taken, vous justifiez la peine de mort et la torture quand c’est pour la « bonne cause. » Ici, on a une belle séquence de waterboarding, Abou Ghraib style. Et à la fin, Liam Neeson assure au méchant qu’il le flinguera dès sa sortie de prison. Du progressisme, vraiment ?

L. B. : J’ai produit plus de 100 films, j’en ai écrit près de 50 et mis en scène 16. Je fais pas les Bisounours, moi, et je sais ce que veut le public des Taken

Bon, je résume. C’est une de vos pires productions. C’est mal écrit, mal réalisé, mal joué, sans action, réac et dégueulasse, avec vos délires « vive-la-famille-mais-j’aime-la-torture-et-je-suis-pour-la-peine-de-mort ». Mais il y a quand même votre figure de style favorite, la Besson Touch, qui m’avait tant manqué dans Lucy avec Scarlett.

L. B. : Et c’est ?

La jeune fille sur des toilettes, avec sa petite culotte au bas des chevilles.

L. B. : On est d’accord sur rien, Bakchich. Mais toi au moins, contrairement à tous les journaleux qui me dégueuleent copieusement dessus à chaque film, tu es un homme de goût. De Kubrick, il restera l’œil avec les faux sourcils d’Orange mécanique ; de Christopher Nolan, le sourire du Joker ; de Ridley Scott, la main de Russell Crowe qui caresse les blés dans Gladiator. Quant à moi, ce sera une blondasse décolorée qui pose sa pêche, avec sa petite culotte en bas de jambes. C’est ça l’acmé de mon cinéma, t’as tout compris, mec. Sans rancune ! Allez viens, j’te prends dans mes bras ! 

Taken 3 d'Olivier Megaton avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Jenssen.

En salles depuis le 21 janvier 2015.

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