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Guérini, après la relaxe, la relâche?

Publié par G Groupe X Bakchich

Le procès fleuve du grand Satan de la politique marseillaise se fait attendre. Horizon 2016?

Elle a pris tous les accents, a tournoyé dans bien des échos pour sembler devoir s’abimer dans les eaux du Vieux Port, fatigué de voleter. «Quand Jean-Noël Guérini sera condamné», tout aura changé. Les élus rompront avec le clientélisme, la corruption aura disparu des marchés publics, les hommes politiques feront montre d’ambition pour la plus belle ville du monde, oubliant le vieux système sur lequel ils ont bâti leurs mandats, leurs vie et condamné la cité. Il ne fallait qu’attendre. Et espérer.  Folle idée en 2009 devenue anxieuse attente en 2010, promesse de 2011 au goût passée en 2013, l’antienne s’est transformé en profond silence après une année 2014 rocambolesque. Réélu sénateur des Bouches-du-Rhône en septembre, arbitre des municipales en mars, le président du Conseil Général des Bouches du Rhône n’a pas coulé avec son collier de mises-en-examen, accumulé le long des instructions du juge Duchaîne dans les poubelles des collectivités publiques locales. Tout juste Nono a-t-il bu la tasse lors de l’année 2012 quand malade et fatigué de tant de mauvaise presse, l’homme a semblé vacillé de son trône, tout en haut du bateau bleu, au 9e étage de l’hôtel du département où il a établi ses quartiers. Mais là, entre santons de Defferre, maquette miniature de voiture et images papales, le natif de Calenzana s’est requinqué. L’opposition au sein de l’assemblée départementale a été plus que timide. 

Les grands électeurs l’adoubent, le tribunal l’acquitte, les magistrats le quittent

«Lâches», tonnent ses proches. Le parti socialiste local s’est retrouvé orphelin de son empire. Le national a sombré sitôt élu. Et tous ses prétendants ont grandit dans ses mains. Alors l’homme s’est rebâti, comprenant que le temps allait jouer pour lui. Le sien serait politique, contre le judiciaire et qu’importe le médiatique.

2014 a fait triompher le calcul. De justesse. Une première fois renvoyé en correctionnel Guérini s’est présenté au juge en octobre, lesté d’une nouvelle immunité parlementaire, serti de larges subventions aux élus locaux. Après l’acquittement des grands électeurs est tombé celui du tribunal… Lassé, le procureur Jean-Luc Blachon qui a mené les réquisitions et accompagné toutes les enquêtes politico-financière des dernières années n’assistera pas à l’appel. Il quitte Marseille au 1er février, quelques mois après que le juge Duchaîne a rejoint l’Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). Le duo a fait trembler la classe politique locale.  Il n’assistera pas ni aux derniers round, ni aux dernières touches de Guernica, du nom de code des vastes dossiers consacrés aux turpitudes politiques marseillaises dont les ultimes coups de pinceaux tardent.

Selon les informations glanées par Bakchich, l’avis de fin de procédure n’a pas encore été signifié dans plusieurs volets de l’enquête. Si l’instruction sur l’attribution de HLM, ou sur la préemption d’une décharge par le Conseil général ont bien été signifiés, les plus gros pans de l’instruction, notamment l’attribution de marchés publics à des sociétés proches du grand banditisme n’ont pas été envoyées. Une affaire de temps. Les dizaines de tomes d’instruction doivent être apprivoisés par la juge d’instruction Christine Saunier-Ruellan qui a récupéré l’ensemble. La magistrate sera non seulement chargé de les régler mais également de batailler avec les conseils de Jean-Noël Guérini, bien décidés à prolonger le plaisir.

Horizon 2016

Dans le dossier 8, attrait à la préemption d’un terrain par le Conseil Général avant sa revente et sa transformation en décharge exploitée par Alexandre Guérini, le frère de Jean-Noël, ses avocats ont déposé des demandes d’acte le 17 octobre dernier. Retranscription intégrales d’écoutes, nouvelles auditions des services de la préfecture, de tous les élus ayant participé aux votes etc… Une encombrante liste à laquelle n’a pas encore répondu la justice. 

Surtout, une fois chaque instruction réglée, le procureur dispose de trois mois pour rendre son réquisitoire, puis le juge dispose de 10 jours à un mois pour rédiger son ordonnance de renvoi ou de non lieu. Ce lent agenda judiciaire laisse augurer aux défenseurs de Guérini «un procès à l’horizon 2016, pour un appel en 2017 et une cassation en 2018». Presque dix ans après les prémices de Guernica. Les chefs d’oeuvre nécessitent de la patience. Même inachevés…

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Publié dans la catégorie Société
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