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Avengers L’Ere d’Ultron : Intelligence vraiment très artificielle

Publié par G Groupe X Bakchich

Le troupeau de super-héros de la Marvel affronte un robot psychopathe et génocidaire. Scénario incohérent, scènes d’action illisibles et épuisantes : bobo la tête !

Cinéma et super-héros, le mariage impossible ? A de rares exceptions près, les films inspirés des comics de la Marvel ou de DC sont des produits médiocres, kitsch, mal écrits, mal réalisés, avec culturistes en collants flashy qui se bastonnent contre des créatures improbables. Des exemples ? Spider-Man, Les 4 fantastiques, X-Men, Daredevil, Wolverine, Captain America, Thor, Elektra, Iron Man ou encore les trois Batman de Christopher Nolan. Il y a trois ans, les studios Marvel accouchaient d’un gros bébé : un blockbuster qui réunissait pas moins de six héros-maison : Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, la Veuve noire, Œil de faucon et Nick Fury en cerise sur le blockbuster. Mais loin d’être un nouveau coup marketing de la Marvel, Avengers était un divertissement bourrin, une BD live et frénétique, une suite ininterrompue de bagarres titanesques entre les super-héros ou contre des aliens déchaînés. Après le succès triomphal du premier volet (troisième plus gros succès de tous les temps quand même !), la Marvel remet le couvert avec les mêmes acteurs et le même scénariste-réalisateur. Pourtant, Avengers 2 est loin d’égaler le premier volet…

Siri en plus énervé

Entre deux vannes, le toujours très smart Tony Stark invente de super gadgets, des armures flashy et tente d’assurer la sécurité du monde. Avec la pierre précieuse en plastoc du sceptre de Loki, il bidouille sur son ordi perso un programme de maintien de la paix plutôt incompréhensible, le Programme Ultron, mais bientôt – größe catastrooof – quelque chose tourne mal (on ne saura pas vraiment quoi, mais c’est très grave) et un méchant très méchant, Ultron, une intelligence artificielle qui parle avec la superbe voix de James Spader, prend vie dans l’armure d’un robot de Stark. Bref, c’est Siri version énervé… Très coquet, Ultron change d’armure comme Nabilla change de string et décide d’éradiquer les êtres humains de la surface de la planète pour imposer la paix. Définitivement ! Pas contents, les six super-héros serrent la mâchoire, commencent à dézinguer des trucs divers et variés en métal à coups de poings, de taser bleuâtre, de flèches ou de marteaux, tandis qu’Ultron, le robot psycho qui ressemble à Terminator, balance gentiment quelques réflexions quasi-philosophiques (j’déconne) sur les manipulations génétiques, Pinocchio ou l’A.I. Les Avengers se battent parfois entre eux, font le tour du monde à la recherche de trucs, sont rejoints par deux « Optimisés » (mais c’est quoi ?), les très mignons Vif Argent et la Sorcière rouge, retrouvent Ultron, se refoutent sur la gueule et ça dure 2h 30… Très vite, tout devient confus, embrouillé, chaque coup de latte est bruité comme une explosion atomique, la musique pimpon fait beaucoup de bruit le critique ciné se recroqueville dans son fauteuil, bobo la tête… 

12 producteurs et 26 assistants réalisateurs

Scénariste de comics (dont le sublime Astonishing X-Men), de séries TV et de films (Toy Story), Josh Whedon n’est pas un manchot. Le scénario du premier Avengers était basique – les gentils Vengeurs affrontent le frangin de Thor, le facétieux Loki – mais très bien tricoté, Whedon équilibrant parfaitement toutes les scènes entre ses héros, explorant leurs tourments, les personnalités. On sent malheureusement que le scénario d’Avengers 2 a été conçu à toute blinde sur un tableur Excel : chaque acteur doit avoir sa grosse scène d’action et sa réplique culte. C’est bon pour l’ego de la vedette mais pas obligatoirement pour le scénario. Le premier script était polyphonique, celui-ci est un bilan comptable, une suite de morceaux bravoure pas vraiment liés entre eux.

Plus grave, Whedon réalisateur ne semble pas très inspiré, mais bon, ça doit être difficile de réaliser un film un peu personnel quand on bosse avec 12 producteurs différents et 26 assistants réalisateurs (véridique). Une grosse partie des scènes d’action est simplement illisible. Les six héros dessoudent du robot en furie, mais l’écran est juste saturé d’amas de métal, de robots volants, dans des plans d’une demi seconde. Chaque scène doit être filmée avec une douzaine de caméras et on se retrouve avec une bouillie visuelle digne de… Michael Bay. Oui, oui, c’est aussi dramatique que ça ! Je sens que tu es dubitatif, ami lecteur et gros fan de la Marvel. Alors prenons pour exemple la scène de la poursuite à moto avec la Veuve noire. On sent que Whedon a décortiqué la mythique poursuite avec Trinity dans Matrix reloaded. Mais si les frères Wachowski réinventaient la poursuite avec cette scène d’anthologie (remember la caméra qui passe sous le camion), multipliaient les cascades insensées en rendant le truc incroyablement cool et sexy, ici, c’est la séquence est juste banale, pathétique, quasiment du filmage télé, mais bon, le brushing de Scarlett Johansson est parfait. Pour masquer le vide, Whedon fait balancer une grosse vanne à Scarlett quand elle se penche et récupère le bouclier de Cap (« Je ramasse toujours après vous les garçons »). Whedon a un budget pharaonique de 250 millions, une armée de techniciens, ILM pour les effets spéciaux : il lui manque juste l’inspiration et le talent pour emballer une scène.

A l’arrivée, l’épuisant Avengers L’Ere d’Ultron s’apparente plus à l’attraction 3D d’un parc à thème qu’à un film : c’est bruyant, speed, décoiffant, mais pas vraiment du cinéma. Néanmoins, les geeks devraient apprécier, si j’en crois les roucoulements de plaisir suite à l’apparition de Thanos dans le générique de fin.

En sortant de la salle, fourbu, à moitié sourd, je me demandais seulement comment un film censé parler d’intelligence, même artificielle, pouvait en être aussi totalement dépourvu.

Avengers L’Ere d’Ultron de Josh Whedon avec Robert Downey, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson.

En salles le 22 avril 2015.

                                                          Bande-dessinée : Nous sommes les Avengers

Pour la sortie du film, Panini publie cette excellente anthologie avec certains des meilleurs récits des Avengers. Au programme, près de 300 pages avec des histoires de Stan Lee, King Jack Kirby, Jim Starlin, Brian M. Bendis, John Buscema, Gene Colan ou Stuart Immonen.

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