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Lens :Gervais et les contes de fée pour adultes

Publié par G Groupe X Bakchich

C’était dimanche sur la 2 ; Gervais Martel a bredouillé que les 10 patates de Mammadov n’arriveraient jamais. Qu’il était bon le conte !

Je n’aimerais pas être supporter du RC LENS après la prestation pathétique de son président au cours de l’émission Stade 2 dimanche 20 juillet. 

Semi hagard, Gervais a balbutié des propos qui se voulaient énigmatiques alors qu’ils n’étaient qu’incohérents : Non, Mammadov, son actionnaire majoritaire n’a pas acheté le club british de Sheffield Wednesday pour 50 millions alors que l’information figure noir sur blanc sur le site officiel du club ! A côté du démenti véhément du nouveau propriétaire quant aux rumeurs de son arrestation…

Non ! les 10 millions en provenance de Bakou n’arriveront jamais alors que la banque du RC LENS a lancé des recherches approfondies pour savoir s’ils n’étaient pas sur un compte d’attente à la suite des « erreurs d’IBAN » invoquées à l’appui de l’inexplicable retard à l’allumage…

Il eut été plus rapide de vérifier auprès du groupement SWIFT si la banque « située à 5 000km » et dont le code SWIFT est le « AZEJAZ22 » pour les habitués, avait procédé au transfert évoqué par Gervais Martel dans un moment d’égarement.

Quant au nouveau tour de table, autrement dit le plan « B » pour disputer malgré tout le championnat de France de L1 au cours de la saison 2014-2015 sans rallonge d’un Mammadov « vexé » qu’on lui demande du flouze d’avance, mieux vaut attendre que Monsieur Martel recouvre toutes ses facultés…

Azéri jaune

Accessoirement, si j’étais la DNCG, je commencerai à avoir franchement les chocottes en re-visionnant les confessions du président lensois sur France 2 et en découvrant qu’indépendamment de l’apport initial en cash de 20 millions par Mister Mammadov, je me suis fait infuser une caution bancaire tout juste utilisable au Monopoly (« …il considère qu’il a donné 18 millions de garantie de première demande, ce qui n’est pas rien de la part de la banque d’Azerbaïdjan… »).

Parlons-en en effet de la « Banque d’Azerbaïdjan » : A entendre Gervais, on était fondé à croire qu’il s’agissait de l’équivalent local de la « Banque de France » et que sa signature était gravée dans le marbre, bref qu’il s’agissait de la « Banque Centrale d’Azerbaïdjan » . Rien n’est plus faux.

La petite banque de Mamma

La banque en question a commencé son activité le 1er décembre 1993. A l’époque, elle s’appelait Rabbatbank. Elle a changé de nom en 1998 pour devenir la Ish Bankazi Azerbaycan. Son capital social s’est timidement ouvert au public en 2004. Avant qu’elle soit récupérée par le frère du Ministre des Transports azerbaïdjanais et Anar le fils de ce dernier, évoqué dans notre précédent article sur le RC Lens.

Avec sa petite vingtaine d’agences et sa quarantaine de distributeurs de billets, la « banque d’Azerbaidjan » n’impressionnait pas grand monde à Bakou ces derniers temps. Son capital social de 45,3 millions de Manat (sur le papier, 1 euro vaut 1,07 manat qui s’écrit « AZN » dans le jargon bancaire) a d’ailleurs du être augmenté de toute urgence le 29/3/2014, pour atteindre le seuil minimum de 50 millions AZN qui deviendra obligatoire le 1er janvier 2015.

Bref, sur la cinquantaine de banques répertoriées par SWIFT dans le pays, la Banque d’Azerbaidjan était loin d’être un poids lourd en dépit de la rente de situation que lui garantissait son actionnariat, laquelle lui a d’ailleurs permis d’engranger - sur le papier - un profit de 9,65 millions AZN à la clôture de son exercice 2013-2014.

Hafiz Mammadov aurait du se douter que la cession de la totalité du capital de l’affaire par la famille de son « associé » Ziya Mammadov pour un prix modeste cachait quelque chose de sournois.

Aujourd’hui détenue par les fils d’Hafiz (Kanan possède 1,09 millions d’actions de même que son frère Sanan) et par son frère Mubariz qui a récupéré 301500 actions, l’affaire a également un actionnaire « institutionnel » en la personne de la société NEM Holding (16 750 parts).  

Bien entendu, comme la banque elle-même, la « NEM Holding » n’inspire respect et sécurité qu’au terme d’un malentendu savamment entretenu par la famille d’Hafiz. Laquelle maintient astucieusement la confusion patronymique avec le groupe néerlandais homonyme dirigé par Gerard Van Dijk, filiale de Siemens AG et qui fait dans les centrales à vapeur.

Le RC Lens et la DNCG rejoignent les rangs des clients mécontents

C’est l’agence de presse indépendante Turan fondée à Bakou en septembre 1990 qui a la première fait état des difficultés de la banque. 

Plusieurs de ses clients se sont plaints de ne pouvoir retirer leur argent et quelques succursales ont du cessé temporairement leur activité à la suite d’abandons de postes inexpliqués de la part de leur personnel. Ambiance… 

Le 10 mai 2014, la Banque Centrale d’Azerbaidjan en la personne de son président Elman Rustamov confirmait les rumeurs en indiquant - un classique du genre chez les banksters - que la banque connaissait des problèmes de « liquidité », autrement dit que l’actif de son bilan débordait de créances plus ou moins recouvrables mais qu’il n’y avait pas un sous dans le tiroir caisse pour faire face aux obligations quotidiennes de paiement.

Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de la Banque Technique (anciennement Texnika Bank) qui avait vu début 2012, l’arrestation de ses principaux dirigeants, du président de son conseil de surveillance et de l’un de ses principaux actionnaires. Après avoir changé de nom, remplacé les membres de son conseil d’administration, de son conseil de surveillance et de son comité d’audit et avoir été prise en mains par les équipes compétentes de la Banque Internationale d’Azerbaïdjan,  la Bank Technique OJSC a connu la plus forte croissance de toutes les banques du pays en 2013… 

Un signe encourageant en direction des experts de la DNCG qui pourraient craindre le pire. 

Comme dans le cas de sa concurrente, le conseil d’administration de 5 membres de la Banque d’Azerbaidjan a été entièrement renouvelé et la direction de l’entreprise a été confié à Magomedali Aslamov, un ex-fonctionnaire auquel les frères Mammadov-juniors ont été aimablement invités à confier les clefs du tiroir-caisse de la boîte. Même punition au niveau du conseil de surveillance où c’est Mehman Mammad Oglu Ismailov qui supervise dorénavant les opérations jusque là un brin baroques, de la banque familiale.

Pour paraphraser le malheureux Gervais Martel en pleine séance de confessions intimes au petit écran, « ce qui n’est pas rien » c’est que la DNCG ait été à ce point bonne cliente pour se laisser convaincre si longtemps par les contes de fée pour adultes du président Sang et Or

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Publié dans la catégorie Sport
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