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Fifa: le Sergent Garcia attend Zorro

Publié par G Groupe X Bakchich

La FIFA va-t-elle rendre public, le rapport d’enquête sur les conditions dans lesquelles elle a attribué les éditions 2018 et 2022 de sa Coupe du Monde ?

350 pages, 200 000 pages d’annexes, les enregistrements audio des auditions de 75 témoins, le rapport intitulé « Rapport de l’enquête sur la procédure de candidature à l’organisation des coupes du monde de la FIFA 2018 et 2022 » a été remis le 5 septembre 2014 par le « procureur » Michael Garcia, président de la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique de la FIFA à son alter ego de la Chambre Judiciaire de ladite Commission, le juge Hans-Joachim Eckert.

Lorsqu’il ne sanctionne pas les violations du Code d’Ethique de la FIFA, Hans-Joachim Eckert s’emploie à rendre la justice, la vraie, à Munich. Pas fan de foot – il admet volontiers n’avoir jamais mis les pieds à l’Allianz Arena – il a néanmoins accepté le défi que lui a lancé le Comité Exécutif de la grande famille du football mondial en le nommant à ce poste sensible.

Pression Qatarie

Depuis qu’il a reçu le fameux rapport (« …le rapport met en avant certains détails des faits, tire des conclusions concernant les actions à entreprendre envers certains individus, identifie les points à porter à la connaissance d’autres commissions de la FIFA et formule des recommandations quant aux futures procédures de candidature » a indiqué la FIFA dans un communiqué) qu’il passe au peigne fin («… en la matière, il s’agit essentiellement dans cette évaluation, de vérifier si la Chambre d’Instruction a respecté d’un point de vue juridique, toutes les modalités de la procédure, et si nous estimons nécessaire d’obtenir des informations plus détaillées dans certains domaines… ») le juge Eckert a déclaré à plusieurs reprises qu’il s’opposerait à ce qu’il soit rendu public.

Légaliste dans l’âme, il s’appuie sur les articles 16 et 36 du Code d’Ethique de la FIFA relatifs à la confidentialité des informations reçues par les membres de la Commission du même nom, qui semblent sur le papier lui donner raison.

Compte tenu de la réputation très entachée de la FIFA par de sales affaires de corruption à répétition, des voix s’élèvent un peu partout suggérant avec plus ou moins d’insistance, que le rapport de Garcia soit néanmoins rendu public au plus vite, particulièrement dans la perspective de l’élection du président de la FIFA l’année prochaine, à laquelle Sep Blatter et Jérôme Champagne ont fait publiquement acte de candidature.

Contrairement à Blatter qu’on a connu plus prolixe pour condamner (« une faute ») la décision de son Comité Exécutif d’attribuer la Coupe du Monde au Qatar en 2022, en révélant à l’occasion avoir lui-même voté en faveur de la candidature américaine, Jérôme Champagne son adversaire déclaré dans la course à la présidence,  a pris clairement position pour que le rapport Garcia soit rendu public au plus vite. 

Son plaidoyer est soutenu à haute voix par Michael Garcia lui-même au nom de la transparence, par le vice-président de la FIFA Ali Bin Al Hussein, un Jordanien qui a peut être quelques comptes à régler avec l’Emirat controversé, et par Sunil Gulati, membre lui aussi du Comité Exécutif de la FIFA et subsidiairement président de la Fédération américaine de soccer – c’est comme ça qu’on désigne le football outre-Atlantique – qui espère peut être récupérer l’organisation de l’épreuve au cas où le Qatar serait gravement sanctionné et disqualifié comme pays organisateur.

Remettre les pendules à l’heure

Comme souvent à la FIFA, la polémique tombe à un mauvais moment. La Commission d’Ethique a en effet eu toutes les peines du monde à se prononcer de manière sereine sur l’affaire des paquets-cadeaux horlogers. En l’espèce, la découverte de l’existence des 65 sacs-cadeaux contenant notamment une montre Parmigiani offerte par son clinquant sponsor, à la Fédération Brésilienne de Football (CBF) juste avant l’ouverture de la Coupe du Monde 2014. Un cadeau d’une valeur déclarée de 8 750 dollars US et estimé après vérification en Suisse, pays des montres et du chocolat, à 25 000 Francs Suisses  soit environ 20 800€ par la Commission d’Ethique de la FIFA.

Le problème est que les destinataires des breloques sont précisément les membres du Comité Exécutif de la FIFA, les représentants des 32 fédérations engagées dans la phase finale de la Coupe du Monde cet été au Brésil, et les représentants des fédérations membres de la Confédération d’Amérique du Sud ou CONMEBOL. 

Gardiens vigilants des bonnes manières footballistiques mondiales, les hommes de Michael Garcia, boss de la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique ont évidemment estimé qu’à ce prix, tout ce beau monde avait enfreint l’article 20 le code d’Ethique de la FIFA en acceptant un cadeau d’une valeur non« symbolique ou modique » les seuls admissibles selon les textes sacrés en vigueur FifaStrasse à Zurich.

Les bénéficiaires sont donc priés de déposer les montres au secrétariat de la Chambre d’Instruction de la Commission d’éthique de la FIFA avant le 24 octobre, afin qu’elles soient vendues au profit d’œuvres caritatives.

Michel Platini, l’un des heureux récipiendaires, a vivement réagi le 19 septembre avec sa tête des mauvais jours à l’injonction de la Commission d’Ethique : « Je n’ai pas été élevé comme ça. Dans mon éducation, moi, les cadeaux je ne les rends pas. Je vais demander la valeur exacte de la montre et je vais donner la valeur de cette montre à une association. Je vous dirai à qui je donnerai l’argent mais je le répète, je suis surpris du fonctionnement à la FIFA… ». L’histoire ne dit pas s’il aurait fait preuve d’une telle générosité si l’affaire n’avait pas été portée sur la place publique. 

A sa décharge, il est vrai que jusqu’à présent, le « fonctionnement » de la FIFA a permis à un certain nombre d’ex-membres de son Comité Exécutif de s’enrichir personnellement et de manière occulte  pour des montants sans commune mesure se chiffrant parfois en dizaine de millions de dollars…  

Compte tenu de son implication « politique » personnelle avérée dans la candidature victorieuse du Qatar pour 2022 dont Sep Blatter s’est amplement fait l’écho histoire de le dissuader de se présenter contre lui l’an prochain à l’élection pour la présidence de la FIFA et de sa méconnaissance manifeste du Code d’Ethique de la FIFA, il n’est donc pas surprenant que Platoche se soit montré d’une exquise discrétion quant à l’opportunité voire l’exigence morale de rendre public le rapport de Michael Garcia…

 

  

 

 

 

 

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