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L'éternel retour du surOM

Publié par G Groupe X Bakchich

Hypothèses, conférences de presse, transferts et garde-à-vue. Le train train du plus grand club de France a repris…

A croire que Marseille ne sait, ne peut ou n’aime pas attendre. Ni se faire voler la vedette. Ou la France incapable de se passer d’elle. Au creux d’une trêve internationale dont l’unique intérêt consistait à voir évoluer l’équipe de France dans l’antre ripolinée du Vélodrome, l’OM a encore une fois éclipsé les Bleus, pour occuper la une des gazettes, de l’Equipe au Monde en passant par tous les sites internet. Le club demeure l’animateur sans égal et indispensable du football français, dans les stades, lors des marchés de transferts ou sous les arcanes judiciaires.

La malédiction des présidents de l’OM

Le 18 novembre au matin, une première s’est déroulée. 

Pas l’enquête sur des transferts présumés frauduleux en lien avec le grand banditisme, elle  couve depuis des mois. Et n’est pas d’une folle originalité. Ni la mise en garde-à-vue d’un dirigeant de l’équipe la plus titrée de France. Le passage par l’Evêché est devenu au cours des vingts dernières années un rite initiatique - ou une malédiction- pour les présidents de l’OM. Mais passer au tourniquet judiciaire les trois derniers patrons de l’Olympique de Marseille (Vincent Labrune, Jean-Claude Dassier, Pape Diouf), notoirement en froid, accompagnés de leurs bras droits (Philippe Perez, Antoine Veyrat, Julien Fournier) est à mettre au crédit de l’inventivité des enquêteurs. 

Menée par le juge marseillais Christophe Perruaux, les policiers en charge de l’instruction pour «extorsion de fonds, blanchiment, associations de malfaiteurs» ont réalisé une grande première. Qui comme tous les grands exploits a été passé au crible des commentaires, hypothèses sur les pistes creusées par la justice et polémiques sur l’opportunité d’une telle opération.

De ces deux jours de mercato judiciaires interminables, nulle information ou confirmation pour l’heure. Transferts de Didier Drogba, de Samir Nasri, de Souleymane Diawara, de Mamadou Niang, de Lucho Gonzalez et d’André Pierre Gignac. Les noms de joueurs ont fusé, tels des rumeurs de fin de marché d’été, sans que leurs agents officiels ne compte parmi les gardés à vue. Ni les officieux. Seuls deux agents ont été conviés à la nuée, Jérôme Dakad, qui dispose d’une licence en bonne et dûe et Farid Ayad. 

Agents et apporteurs

Ils n’apparaissent pas dans dans un document interne à l’OM recensant le suivi des honoraires d’agents sur la période 2005-2013, auquel Bakchich a eu accès. Le signe d’une piste suivi par les enquêteurs? En droit, nul autre qu’un détenteur d’une licence d’agent sportif ou un avocat ne peut-être rétribué sur les transferts de joueur ou leurs renégociations salariales. En pratique, des « apporteurs d’affaires» s’insèrent souvent dans la boucle, voire utilisent un agent officiel en prête-nom. Par exemple dans le cas d’André Pierre Gignac, où l’OM a rétribué Mike Morris, quand Jean-Christophe Cano, un temps proche du parrain marseillais Roland Cassone, ne cache pas être son agent. Condamné fin 2013 pour son rôle dans le racket de boite de nuit aixoises pour le compte du gang corse de Venzolasca, Christophe D’Amico, fils et collaborateur d’agent ne s’est pas caché d’avoir également touché une obole lors de l’arrivée de Gignac à Marseille. Ces flux financiers avérés peuvent être considérés par les enquêteurs comme de l’exercice illégal d’agent de joueur. Au moins 7 agents officiels, sans compter leurs éventuelles petits mains, sont concerné par les transferts suspects.

 

Convoquer tout ce monde monde aurait prolongé encore le bal judiciaire, ce que n’a pas souhaité le discret juge Perruaux, fâché que ses investigations aient déjà connu des fuites. Après avoir levé les 15 garde-à-vue sans procéder à aucune mise en examen, le magistrat a discrètement envoyé ses enquêteurs, jeudi après midi à la Commanderie. « S’ils sont repassés, croit un proche du club. C’est que quelqu’un a parlé en garde-à-vue». Une nouvelle perquisition a été effectuée, a confirmé à Bakchich un membre du staff, les membres du personnel administratif du club interroger. Preuve que l’enquête continue, et peut même se nourrir du battage médiatique.

Le magistrat a du déguster la conférence de presse de Pape Diouf. Moins de 24 heures après sa sortie de l’Evêché, le président au verbe le plus habile de l’histoire de l’OM a vu sa langue fourcher. Convoquant une conférence de presse, Diouf a notamment refait l’histoire du transfert de Samir Nasri à l’été 2008, avouant au passage qu’un tiers du montant transfert a été alloué au «clan» du joueur. Une opération à la justification économique imparable, mais à la légalité incertaine. Alors en fin de contrat, l’international a accepté de prolonger son bail, afin que l’OM touche plus sur son transfert, en échange d’un pourcentage sur la vente. Pour avoir rémunéré le père de Lorik Cana lors de son transfert du PSG à l’OM, l’agent Christophe Mongai avait été condamné en justice comme Agim Cana… Un facheux précédent.

 

 

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Publié dans la catégorie Sport
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