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Le football débordé par les religions !

Publié par G Groupe X Bakchich

La Copa América, l’équivalent de l’EURO pour les nations d’Amérique du Sud et centrale, a débuté jeudi 12 juin du côté du Chili et tiendra en haleine les passionnés de ballon rond jusqu’au 4 juillet prochain. De nombreux joueurs devraient une nouvelle fois utiliser la caisse de résonance d’une compétition internationale de football retransmise dans les médias du monde entier pour nous « polluer » avec leur amour de Dieu…Ras-le bol de ces footeux prosélytes !

La scène a fait le tour du monde lors de la finale de la Ligue des Champions entre le FC Barcelone et la Juventus de Turin, disputée à Berlin samedi 6 juin 2015. Sur le podium, installé sur la pelouse du stade Olympique, l’attaquant de Barcelone, Neymar, heureux artisan de la victoire des siens 3-1 face à la Juve, arbore un bandeau, noué autour de sa tête, où l’on peut lire l’expression suivante « I love JESUS ». L’attaquant de la Seleçao, la sélection de football brésilienne, n’est, bien sûr, pas le premier joueur de ballon à exprimer, à revendiquer, sur un terrain de foot, son amour de la religion, de Dieu, de Jésus en l’occurrence, mais son talent lui offre une visibilité médiatique qu’il ne se prive pas d’exploiter.

Avant le coup d’envoi, Neymar avait aussi posté sur son compte twitter une photo de lui et de ses coéquipiers Suarez et Messi avec ce message « Que Dieu nous bénisse et nous protège ». (Soit dit en passant, pour remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes, le FC Barcelone n’a pas eu besoin d’un « miracle de son Messi » !!!)

La jurisprudence « Kaka » en 2002

Les footballeurs nous offrent régulièrement ces images où on les voit s’agenouiller sur les pelouses, implorer le ciel avant le coup d’envoi d’un match, remercier le "Tout-puissant" après un but… En France, le défenseur international brésilien du PSG, Thiago Silva, est quasi en transe lorsqu’il foule une pelouse à l’heure du coup d’envoi. Ses compatriotes au sein du club de la capitale, David Luiz, Lucas et Marquinhos, sont aussi de fervents « ultras » de Jésus et n’hésitent pas à évoquer leur amour du "Tout-Puissant" dans chacune de leurs interventions publiques : « Si je suis devant vous, c’est grâce à Dieu", "Si je suis devenu joueur de foot, c’est grâce à Dieu", "Si j’ai marqué ce soir, c’est grâce à Dieu", "Si j’ai signé à Paris, c’est grâce à.. ", "Si j’ai bien mangé aujourd’hui, c’est grâce à…", ok ok, on a compris.

Pourtant, depuis l’incident de la coupe du monde 2002 où Kaka, après la victoire brésilienne en finale, avait exhibé un tee-shirt sur lequel était inscrit « I Belong to Jesus » (« J’appartiens à Jésus »), la Fédération internationale du football, la FIFA, avait renforcé son arsenal juridique. Aujourd’hui, au regard de la loi 4 du football, « les joueurs ne sont pas autorisés à exhiber des slogans ou de la publicité figurant sur leurs sous-vêtements » et « l'équipement de base ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle ». Sous peine de sanctions. Pourtant, après l’incident du bandeau de Neymar, ni la Fifa, ni l’UEFA n’ont réagi... A sa décharge, en ce moment, la FIFA a d'autres chats à fouetter.

Un ancien joueur du PSG devenu pasteur !

Un prosélytisme religieux revendiqué par de nombreux joueurs de football, le plus souvent originaires du pays Auriverde. Du côté du Parc des Princes, on se souvient de Marcos Ceara qui invitait ses coéquipiers à venir prier à son domicile. L’ancien défenseur parisien a d’ailleurs baptisé le milieu international français Blaise Matuidi : Ceara est aujourd’hui rentré dans son pays natal où il exerce l’activité de…. Pasteur évangélique.

Si au cœur de toutes les nations Sud-américaines, la religion occupe un pan majeur de la vie sociétale, le Brésil connaît une ferveur religieuse encore plus intense qu’ailleurs. Le pays recense de nombreuses églises différentes. Neymar, chrétien évangélique, appartient par exemple aux Pentecôtistes de Sao Vicente. (La légende raconte qu’un pasteur de ce mouvement lui avait prédit, alors qu’il n’était encore qu’un jeune ado, un avenir doré dans le football)

En France, le bandeau de l’attaquant brésilien du FC Barcelone « I love Jésus » n’a que très peu suscité de réactions médiatiques. Beaucoup le regrettent, dénoncent une bienveillance pour les « cathos » et soulignent que si Karim Benzema, l’attaquant vedette de l’équipe de France avait lui aussi arboré, après un match avec le Real de Madrid, un bandeau avec l’inscription suivante « 100% Islam » ou « I love Mahomet », les réactions auraient été immédiates et vives. Dans le climat médiatique et politique français actuel, où il ne fait pas toujours bon vivre pour un citoyen français musulman, l’international français aurait dû affronter une sévère tempêté médiatique.  

Prosélytisme, liberté d’expression et tolérance zéro

Sur le net, en tout cas, le débat fait rage. Beaucoup ne comprennent pas ce que l’on reproche à Neymar si ce n’est clamer son amour pour sa religion, d'autres reprochent que l'on dénonce son prosélytisme, tout en ayant manifesté pour la liberté d’expression après les attentats de Charlie Hebdo. D’autres encore, appellent à la tolérance zéro face à ces pratiques, estimant que Dieu n’a rien à faire dans le sport et doit rester dans la sphère privée.

Pour Denis Muller, spécialiste du rituel des stades, le joueur de foot ferait d’ailleurs fausse route à prier avant un match. "L’idée que Dieu tout puissant puisse vouloir donner la victoire à « notre » équipe plutôt qu’à l’adversaire révèle une mentalité religieuse assez primaire et une « théologie » bien peu critique". Voilà qui pourrait éclairer la pensée de certains.

D'autant que, et sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, chers amis Brésiliens, il faudrait que vous demandiez des comptes à Dieu ! Où était-il le soir du 4 juillet 2014, le soir d’une certaine demi-finale de la Coupe du monde que vous disputiez contre l’Allemagne (1-7) ? Où ?

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Publié dans la catégorie Sport
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