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Esprit du sport 1, La bande à Thiriez 0

Publié par G Groupe X Bakchich

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel a tenté de mettre un sévère tacle à l’esprit du sport en voulant réduire de trois à deux le nombre de montées et descentes entre les championnats de Ligues 1 et 2. Une entrée en vigueur dès la prochaine saison à laquelle le comité exécutif de la FFF, dirigé par Noël Le Graët, s’oppose farouchement, provoquant le courroux de la bande à Thiriez (LFP). C’est le Conseil d’Etat qui arbitrera ce match le 13 août. Ambiance.

Esprit du sport, es-tu là ? C’est la question que l’on peut se poser au regard de quelques-unes des déclarations des présidents de clubs de football de Ligue 1, empreintes de démagogie, et également au vu de certains comportements opportunistes. Ils s’apparentent en effet à des hommes politiques, dans ce qu’il y a de moins noble de la fonction, et donnent l’impression d’être à mille lieues de l’esprit du sport.

Prenez par exemple le président d’Angers (SCO), Saïd Chabane, un entrepreneur qui a réussi dans l’industrie agroalimentaire. Ce dernier a choisi de soutenir la position de la LFP alors que plusieurs mois auparavant, il soutenait la position des présidents des clubs de Ligue 2, réclamant un statu quo sur le du nombre de montées et descentes entre les différentes divisions. Mais, maintenant que son club a gagné sa place en Ligue 1 (en terminant à la troisième place du classement de L2, ce qui signifie qu’avec la réforme souhaitée par la LFP il n’aurait pas décroché le précieux sésame et évoluerait toujours en L2 aujourd’hui !), le boss du SCO est d’accord pour que seules deux montées/descentes directes soient autorisées entre les deux premiers étages du football français. Chabane s’est « couché » devant l’avis du CA de la Ligue, heureuse avec sa réforme de pouvoir « sécuriser les investisseurs ». Chacun agit selon ses intérêts particuliers...

Sur les vingt présidents de L1, une seule voix a manqué ! Celle de Bertrand Desplat, à la tête du club breton de Guingamp. Un irréductible ? Pas tout à fait, c’est juste le gendre de Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football. Difficile de ne pas aller dans le sens de « bon papa », histoire de ne pas empoisonner les repas de famille du dimanche midi.

Pour apprécier la constance dans les propos tenus par les dirigeants des clubs, il serait bon de savoir quel discours sera prononcé l’été prochain par les présidents à la tête des deux clubs relégués en ligue 2 au printemps 2016. Le football français a besoin d’oxygénation. Le public a besoin de nouvelles têtes. Les clubs comme Lens, Auxerre, Nancy, Le Havre, Brest, Strasbourg, Sochaux…font partie du patrimoine et sont tout aussi légitimes à jouer en L1 que Troyes, Lorient, Bastia, Nice, Angers, Guingamp…  

Thiriez se défend comme…..Luzenac !

Furieux de voir « sa » décision contestée par la FFF pour « atteinte à l’intérêt supérieur du football », le moustachu le plus célèbre du football français a choisi de porter l’affaire sur le terrain judiciaire en déposant un référé devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative de notre pays. Pour expliquer son choix, Frédéric Thiriez qui peut revendiquer le soutien de 19 clubs de L1, a déclaré « C’est une décision illégale et grave pour l’avenir du football...Je saisis donc immédiatement le Conseil d’Etat en référé. Quant à l’intérêt supérieur du football, on ne voit pas en quoi il serait menacé par une telle réforme, qui vise à protéger un peu les clubs de l’élite, à sécuriser les investissements, privés et publics, et à limiter les catastrophes industrielles dont trop de clubs ont été victimes ». Et pourtant, chers lecteurs, rappelons-nous : Qui fustigeait l’attitude des dirigeants de Luzenac (club amateur de National) privé de Ligue 2 sur tapis vert après avoir gagné son ticket sur le terrain sportif, et qui n’a pu sauver sa peau, même devant le tribunaux ? Un certain Frédéric T. ! Lui qui aime tant faire au théâtre devrait songer à endosser le rôle de « Monsieur Sans-gêne ».

Arguments fallacieux

"Plus c’est gros, plus ça passe", aimait à dire François Mitterrand s’agissant des promesses électorales. Un adage semble-t-il appliqué par le président de l’ASSE Saint-Etienne, Bernard Caïazzo, car, pour convaincre les nombreux sceptiques de réduire le nombre de montées/descentes à deux au lieu de trois, l’homme fort du club mythique des années 70 en France n’hésite pas à avancer que cette mesure serait profitable au spectacle de la L1 ! Que sans cette satanée pression de l’enjeu du maintien, les équipes joueraient libérées, pour faire plaisir à leurs « gentils actionnaires » ! Mais, cher président Caïazzo, quel plaisir pour les supporters de se déplacer au stade assister à des matchs « amicaux » ? Quel intérêt pour les diffuseurs, source principale des revenus de vos clubs (avec les droits TV), de proposer à ses abonnés des matchs sans enjeux ? L’histoire des clubs de football, les souvenirs des supporters s’écrivent avec ces rencontres où le destin des équipes se joue sur un match dans des stades combles où le public retient son souffle à chaque action, de peur de voir son favori rater la montée à l’échelon supérieur. Ne serait-ce pas, aussi, la porte ouverte aux matchs truqués?

Le compromis du barrage

Dans leurs siestes estivales, certains présidents français rêvent d’un modèle de ligue fermée à l’instar de ce qui se pratique en NBA. De même que beaucoup envient le modèle anglais avec une Première League, qui s’appuie sur une entreprise privée pour gérer son fonctionnement, alors que la LFP demeure sous le joug de l’Etat, donc de la Fédération, via une délégation de service public. Cependant, même en Angleterre, où l’argent est roi avec des droits TV colossaux (le dernier du championnat anglais touche davantage, en rémunération, que le premier de L1…), et où les investisseurs étrangers sévissent, le nombre de montées/descentes est de deux, avec en plus un barrage entre le 18ème de Première League et le vainqueur des play-offs entre le 3ème et le 6ème de la « ligue 2 anglaise ». Une solution qui pourrait voir le jour dans le Championnat de France puisqu’elle recueille l’approbation de plusieurs présidents de clubs de Ligue 2 à l’instar de Guy Cottret d’Auxerre : «Nous nous étions peu à peu ralliés à l’idée d’un système à deux montées/deux descentes + un barrage. Nous avions fait un pas important, les discussions avançaient. Et là, d’un coup, la Ligue a voulu passer en force. Pourquoi tant de précipitation ? Il y a sûrement des solutions pour renouer le dialogue. Noël Le Graët est un homme de dialogue, je compte sur lui pour nous aider à trouver un compromis ».

Restera l’image écornée d’un football français avec ce fossé grandissant entre le football professionnel et le football amateur, ce mépris affiché des cadors de L1 vis-à-vis des petits clubs de L2, accusé de tous les maux, même d’être l’une des raisons de leur manque de compétitivité. Des hostilités mal venues à moins d’un an du coup d’envoi de l’Euro de football, obtenu par la FFF et qui a permis à plusieurs clubs de bénéficier d’aides pour améliorer leurs infrastructures. La fin de l’été calmera peut-être les esprits. Surtout celui du sport, espérons-le.

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Publié dans la catégorie Sport
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